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09:56 26 mai 2020 | mise à jour le: 26 mai 2020 à 10:07

S’orienter, plus complexe qu’il n’y paraît

S’orienter, plus complexe qu’il n’y paraît
Photo: Métro

Lors de son point de presse du 15 mai dernier, le premier ministre a lancé un appel à la population afin d’attirer la main-d’œuvre vers le réseau de la santé, invitant les jeunes et les personnes sans emploi à considérer ce secteur d’emploi.

À l’instar de M.  Legault, plusieurs secteurs d’emploi font présentement appel à la population pour combler leurs besoins de main-d’œuvre. Nul doute que ces besoins sont criants, spécifiquement en santé et dans les services sociaux, mais on parle ici de décisions majeures pour les personnes. Bien que la période actuelle soit propice à la réflexion professionnelle, il n’est pas simple de s’orienter ou de se réorienter. Et il faut plus qu’un salaire élevé et des perspectives d’emploi intéressantes pour attirer des candidats dans un secteur et faire en sorte qu’ils s’y sentent bien et maintiennent leur emploi de façon durable.

S’orienter, un processus qui va bien au-delà de l’information

J’aimerais d’abord donner quelques précisions sur le terme «s’orienter». De nombreuses personnes pensent encore que ce processus implique seulement de consulter des listes de professions ou de formations pour faire un choix. Les études à ce sujet démontrent qu’une quantité trop importante d’informations risque de générer une confusion encore plus grande, en plus de faire grimper le niveau d’anxiété.

Évaluer trois dimensions

Il s’agit d’un choix important, qu’on ne veut pas prendre à la légère. Une évaluation est donc nécessaire au préalable pour permettre à la personne de mieux connaître les divers aspects qui définissent son identité, et ainsi éclairer ses choix de vie. Il est primordial d’évaluer son fonctionnement psychologique, par exemple ses traits de personnalité, ses intérêts, ses valeurs, ses besoins et ses stratégies d’adaptation. Il faut aussi considérer ses ressources personnelles, telles que ses acquis, ses aptitudes et ses compétences issus de formations et d’expériences de vie. Enfin, cette évaluation doit inclure les conditions de son milieu ou de l’environnement dans lequel elle évolue: son milieu familial, sa situation économique, son réseau social, le soutien de l’entourage.

Tout cela peut se résumer par l’expression populaire: «Est-ce qu’on est fait pour ce domaine?»

Il est important d’avoir un projet basé sur qui l’on est vraiment, tout en considérant que ce projet puisse se modifier avec les expériences de la vie, et qu’on adaptera alors notre parcours en conséquence. L’évaluation en orientation permet aussi de considérer le réalisme des choix qui s’offrent, tout en mesurant les risques et les conséquences de chacun d’entre eux.

Un service essentiel

Vous voyez, ce n’est pas si simple de s’orienter. C’est pourquoi il est important de faire appel à des professionnels formés, compétents et reconnus. Sinon, ce serait comme confier vos travaux d’électricité à votre sympathique voisin, qui n’a ni formation ni cartes de compétence: c’est moins cher, ça va tenir pendant un bout, mais, tôt ou tard, ça risque malheureusement d’être à recommencer.

En ce moment, les étudiants du secondaire et du postsecondaire vivent beaucoup d’incertitude quant à leur avenir scolaire et professionnel. N’auraient-ils pas droit à plus d’aide pour éclairer leur horizon? Ajoutons que les adultes sur le marché
du travail, qu’on appelle à se réorienter, ne vivent pas moins de questionnements et d’anxiété devant les possibilités qui leur sont présentées. L’orientation sera-t-elle un jour assez importante pour notre société afin que nous offrions un réel accès à ces services professionnels et de qualité? Si c’était déjà le cas, les personnes de tous âges seraient présentement mieux accompagnées et guidées, et les risques de décrochage seraient peut-être moins imminents.

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