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05:00 3 septembre 2020 | mise à jour le: 4 septembre 2020 à 16:22 temps de lecture: 4 minutes

L’immunité collective au coronavirus compromise par le refus du vaccin

L’immunité collective au coronavirus compromise par le refus du vaccin
Photo: 123RFPlusieurs vaccins sont présentement en cours d'élaboration.

Selon un sondage dévoilé mercredi, près de 74% des 20 000 répondants de 27 pays se disent prêts à se faire vacciner contre le coronavirus. Le corollaire est que 26% ont déclaré qu’ils le refuseraient, éloignant ainsi une potentielle victoire sur le pathogène.

Le sondage du Forum économique mondial-Ipsos met en lumière plusieurs données intéressantes en matière de vaccination. Mais il fait aussi état d’un risque important lié à l’immunité communautaire, ou immunité grégaire.

La population pourrait encore ne pas atteindre le nombre requis pour vaincre la COVID-19, car seuls 37% des répondants ont dit être «tout à faire d’accord» avec l’idée de se faire vacciner, précise le Forum dans un communiqué, alors qu’un autre 37% a dit être «plutôt d’accord».

«Le manque de confiance de 26% dans le vaccin est suffisamment important pour compromettre l’efficacité du déploiement d’un vaccin contre la COVID-19», fait valoir Arnaud Bernaert, responsable des initiatives Santé au Forum économique mondial.

«Il est donc essentiel que les gouvernements et le secteur privé s’unissent pour renforcer la confiance et s’assurer que la capacité de production réponde à l’offre mondiale d’un programme de vaccination [contre la] COVID-19. Cela nécessitera une coopération entre les chercheurs et les fabricants ainsi que des accords de financement public qui lèveront les restrictions à l’accès au vaccin», détaille M. Bernaert.

Les provaccinations

Les pays où l’intention de vaccination est la plus élevée sont, sans surprise, la Chine (97%), le Brésil (88%), l’Australie (88%) ainsi que l’Inde (87 %).

À l’opposé, les plus faibles adhésions ont été enregistrées en France (59%), en Pologne et en Hongrie (à égalité à 56%).

La Russie (54%) ferme la marche du groupe des moins favorables à la vaccination.

Fait à noter, indique le Forum, dans la plupart des pays, les personnes qui sont d’accord sont nettement plus nombreuses que celles qui sont en désaccord (plus de 50 points de pourcentage dans 12 pays sur les 27 sondés).

La Chine se distingue par son optimisme, 87% des Chinois interrogés s’attendant à ce qu’un vaccin soit prêt cette année. Le pourcentage est également élevé en Arabie saoudite (75%) et en Inde (74%). Au Canada, seuls 26% pensent qu’un vaccin sera disponible d’ici décembre.

Refus du vaccin contre le coronavirus

Parmi les Canadiens qui ont affirmé qu’ils ne se feraient pas vacciner, 54% ont exprimé des inquiétudes relatives à d’éventuels effets secondaires indésirables et 34% disent douter de leur efficacité. À ces deux raisons invoquées pour refuser un vaccin, ajoutons que plusieurs répondants considèrent vivre dans un pays qui n’est pas suffisamment à risque pour ce qui est du nouveau coronavirus. C’est le cas de 22% des répondants canadiens.

Finalement, une partie des personnes interrogées sont contre les vaccins de manière générale. Un peu plus du quart des Canadiens (26%) ont évoqué une «autre raison» quand on leur a demandé de préciser leur refus.

Fait intéressant à cet égard, seuls quelques pays parmi les 27 sondés ont obtenu des pourcentages élevés à cette question, dont le Canada. En plus d’être de plus en plus nombreux au pays, les antivaccins sont particulièrement actifs sur les réseaux sociaux. Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, s’en est d’ailleurs inquiétée à plusieurs reprises par le passé.

Pour 59% des personnes interrogées, un vaccin ne sera pas disponible avant la fin de cette année. Plusieurs candidats-vaccins sont sur les lignes de départ, mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

Malgré l’encombrement et la course mondiale qui se déroule depuis quelques mois, un fait demeure incontournable: le virus recèle toujours de nombreuses zones d’ombre et il s’adapte au fil des contagions.

Plus tôt cette semaine, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) faisait état de 84 000 mutations du coronavirus depuis son apparition sur la planète il y a maintenant huit mois, a indiqué Dre Maria Van Kerkhove, épidémiologiste spécialisée dans les maladies infectieuses pour l’organisation établie à Genève.

L’enquête du Forum économique-Ipsos a été menée en ligne entre le 24 juillet et le 7 août 2020 auprès 19 519 personnes âgées de 18 à 74 ans aux États-Unis, au Canada, en Malaisie, en Afrique du Sud et en Turquie, et de 16 à 74 ans dans 22 autres pays auxquels s’ajoutent ceux mentionnés pour le groupe de 18-74 ans.

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