Subaru Outback 2010: La familiale qui penche vers l'utilitaire
Y’a pas à dire, la nouvelle Subaru Outback s’éloigne de son passé de familiale pour ressembler davantage à un utilitaire. Des dimensions accrues, une garde au sol encore plus relevée, une traction intégrale de série, des capacités de remorquage et de la polyvalence à revendre. C’est à se demander si l’Outback 2010 ne viendra pas faire de l’ombre à son petit frère, l’utilitaire Forester!
Oh que non, dit le constructeur nippon : il s’agit là de deux véhicules différents, donc de deux clientèles différentes. Vrai qu’à partir de 28 995 $, l’Outback navigue dans des eaux un peu plus luxueuses que le Forester (25 995 $). Et il faudrait dire en l’honneur de son passage générationnel, l’Outback hérite d’améliorations importantes.
Il y a d’abord cette nouvelle transmission CVT qui, alliée au moteur de base de 2,5 litres (170 chevaux), vient réduire la consommation en carburant par rapport à la génération précédente (voir notre texte de la semaine dernière sur la Subary Legacy, consÅ“ur quatre portes de l’Outback).
Il y a aussi ces dimensions plus larges et, surtout, plus hautes, qui procurent davantage d’espace intérieur. L’espace aux têtes à l’avant est l’un des meilleurs de la catégorie, le cargo est un dixième plus important qu’auparavant et les passagers à l’arrière profitent d’un bien meilleur dégagement aux jambes – c’était d’ailleurs fort nécessaire.
Il y a aussi cette motorisation tirée du Subaru Tribeca, le six cylindres boxer de 3,6 litres, qui vient se glisser sous le capot de l’Outback (et de la Legacy, d’ailleurs), à la place du six cylindres de 3,0 litres. Du coup, la puissance grimpe (de 245 à 256 chevaux) et le couple se fait ainsi pas mal plus avantageux (247 lb-pi, en hausse de 15 %). La capacité maximale de remorquage atteint les 1 363 kg (3 000 lb).
Éviter les vibrations
Question de faire la guerre aux vibrations, le moteur a été disposé dans un nouveau berceau-cadre avec, pour résultat, un silence tel qu’on peut le croire éteint. Jumelé à une boîte automatique cinq rapports, il permet des accélérations d’autant plus dynamiques qu’elles peuvent être transigées par le biais de palettes au volant. Même si celles-ci ne provoquent pas de réactions aussi instantanées qu’avec la boîte CVT, on aime avoir le contrôle de sa conduite au bout des doigts.
Avec sa garde au sol rehaussée de 7 mm (à 220 mm) et sa traction intégrale permanente, l’Outback sait autant y faire qu’un utilitaire hors des sentiers battus. Et, Dieu merci, le véhicule sait également y faire sur la route. C’est d’ailleurs un plaisir que de le piloter. Sa direction précise profite d’un ajustement plus sportif que la moyenne des autres autos de sa catégorie.
Certains diront que la balade, suspendue par une nouvelle architecture à double triangulation à l’arrière, est confortable. Personnellement, je l’aurais souhaitée plus ferme. Sur les cahots, elle provoque d’incongrus petits rebonds élastiques. Curieusement, les amortisseurs se replacent exactement là où ils étaient, et la conduite reste donc des plus prévisibles. À grande vitesse, la stabilité n’est pas mise à mal et rien ne bronche.
Dans l’habitacle, les matériaux sont de bonne facture et leur assemblage, serré. Par contre, le tableau de bord «techno» utilise trop de faux aluminium; on dirait le style éclaté d’une chaîne audio portative des années 90. L’insonorisation est moyenne; le bruit du vent et des pneus sur le bitume est persistant à haute vitesse. On se console avec les sièges avant, à cavité profonde, qui sont réellement confortables – rappelons qu’ils sont chauffants de série.
Malgré une réduction de son prix de base de 2 000 $, l’Outback reçoit le volant télescopique (enfin!) et, de série, le système de stabilité. Le hayon électrique et le démarrage sans clé ne sont malheureusement pas encore offerts. Par contre, nous avons un bon mot pour le frein électronique qui, certes, fait disparaître le frein à main, mais a l’avantage du mode anti-recul. Avec ce dispositif, les involontaires replis après un arrêt dans une montée sont chose du passé. M’est avis que toutes les voitures devraient profiter d’un tel système…