Jeux vidéo

Les jeux vidéo, ces grands négligés des médias

Photo: collaboration spéciale

La semaine dernière on soulignait partout l’incroyable exploit du film 1987: 1M$ au box office, ce n’est pas rien.

La radio, la télé, les journaux, le web, partout les chroniqueurs culturels applaudissaient le succès du film.

Les bons coups québécois, il faut s’en réjouir. Et dans les médias, on le fait assez bien. On vend 3000 copies d’un livre: son auteur est invité dans un talk-show.

Pourtant, le mois dernier, la compagnie québécoise Red Barrels voyait son jeu Outlast être déployé sur le marché en ligne de la Xbox One. Outlast était déjà disponible sur la PlayStation et sur ordinateur. Le cofondateur de Red Barrels Philippe Morin me confiait que la dernière année a généré des revenus de 8M$. Qui en a parlé? Personne. Dans quels médias a-t-on vu un des artisans du jeu parler de son succès? Aucun.

La vérité, c’est que l’industrie ultra-créative du jeu vidéo est une industrie sans visage. Une industrie snobée. Parce que c’est du jeu? Parce que c’est commercial?

Comment se fait-il que les grands médias du Québec n’arrivent pas à couvrir l’art numérique de chez nous, mais qu’ils offrent une vitrine aux potins américains des MTV Awards?

Watch Dogs, fait à Mont­réal, présente aux joueurs un scénario digne d’un film oscarisable. Outlast, avec sa musique et ses effets sonores, arrive à nous plonger dans un univers effrayant et stressant. Tiny Brains nous fait réfléchir et sourire avec un univers emprunté à la BD. La série Assassin’s Creed se veut une reconstitution historique quasi académique dans son exacti­tude, ce n’est pas comme aller au musée, mais presque.

Ce ne sont que quelques exemples made in Québec dont on ne parle pas assez dans nos médias. Des cas où on a mystérieusement laissé dans l’ombre des artisans de grand talent. L’art numérique d’ici ne devrait-il pas aussi avoir son projecteur et ses applaudissements?

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