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Match truqué dans la Ligue canadienne de soccer

Photo: Getty Images
Ben Rycroft - Metro World News

Un groupe criminel européen a truqué au moins un match de la Ligue canadienne de soccer.

Ce groupe a payé des joueurs d’une formation torontoise pour perdre contre l’Attak de Trois-Rivières, l’ancien club-école de l’Impact de Mont­réal, en 2009, selon des documents de cour et des preuves d’écoute électronique.

En travaillant en collaboration avec la CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, Métro a parlé avec Stephen Conan, l’avocat d’un Européen condamné par une cour allemande pour avoir truqué un match de la Ligue canadienne de soccer (LCS).

«Il est plus facile de truquer des matchs dans des ligues plus petites, car il y a moins de contrôle. De plus, les joueurs gagnent moins d’argent, donc ils sont plus faciles à acheter», a-t-il affirmé.

Les documents de la cour révèlent que le match au Canada faisait partie d’un pari plus important qui incluait une série de rencontres en Europe. Les Croates Ante Sapina et Mario Cvrtak – qui étaient les principaux architectes des matchs truqués – ont été condamnés pour fraude commerciale en Allemagne, en mai 2011.

Sur les bandes d’écoute électronique, on peut voir comment un des complices, Zivko Budimir, a arrangé l’issue d’un match en 2009. Il a payé 15 000 euros à la vedette de la ligue canadienne Antonio Zupan. Ce dernier a partagé le montant avec quatre de ses coéquipiers de Toronto Croatia.

En échange du pot-de-vin, Zupan et ses complices se sont assurés de perdre par plus de deux buts contre l’Attak de Trois-Rivières le 12 septembre 2009. Zupan a raté un penalty crucial durant la partie et le Toronto Croatia s’est incliné 4-1 devant la formation québécoise. Ceux qui avaient payé les joueurs avaient parié 143 000 $ sur une série de matchs, dont celui disputé au Canada.

Toujours grâce aux conversations enregistrées entre Budimir et Cvrtak, on apprend que l’intérêt du groupe criminel pour la Ligue canadienne de soccer allait plus loin que le trucage d’un simple match. Budimir a approché un ancien joueur de la LCS pour savoir si ses complices et lui pouvaient acheter une équipe complète.

Budimir a ensuite informé Cvrtak que les joueurs de la LCS gagnaient moins de 500 $ par mois et qu’une équipe pouvait être achetée pour 150 000 $. Selon Budimir, le processus d’achat durait trois ans. Cvrtak voulait savoir si cela pouvait se faire en un an.

«Ce sont tous des amateurs. Personne ne sait qu’ils ont des équipes là-bas comme ici, a dit Budimir à Cvrtak. Tu peux avoir une équipe pour 150 000 $ et jouer dans la première ligue dès le départ.»

La FIFA et l’Association canadienne de soccer enquêtent présentement sur cette histoire.

Comment ça marche?
Les sites de paris se protègent… Chaque semaine, 10 des plus gros sites de paris en ligne offrent à leurs clients de miser sur les matchs de la Ligue canadienne de soccer.

Les preneurs aux livres acceptent des paris avant et durant les rencontres. Incapables de suivre les matchs en ligne, les sites de paris envoient ce qu’ils appellent des «coureurs» à chacun des matchs de la LCS. Ces derniers rapportent l’action en cours au téléphone. Il s’agit d’une précaution pour éviter que les parieurs et ceux qui truquent les matchs fassent des paris avant que les preneurs aux livres puissent changer leurs cotes.

Ce que les coureurs et les sites de paris font est complètement légal.

Facile de marquer
Reda Aggouram, un ancien de l’Attak qui a pris part au match en 2009, a affirmé à la CBC qu’aucun membre de son équipe n’était au courant que la partie avait été truquée.

  • Il a dit cependant se souvenir d’avoir marqué un but très facile. Il a laissé entendre que le gardien de Toronto l’avait peut-être laissé compter.

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