Une aberration
À l’annonce de l’embauche de Bertrand Cantat pour la pièce Trois histoires de Sophocle, je prends quelques minutes pour manifester mon indignation… Je n’en peux plus de vous entendre prêcher l’accommodement à toutes les sauces.
Cet homme a tué Marie Trintignant à coups de poing! Qu’on nous dise qu’il a «payé sa dette à la société» est le genre de phrase toute faite qui m’écÅ“ure. Il n’a rien payé du tout aux enfants laissés sans mère, il n’a rien payé aux parents de Marie, il n’a rien payé à tous ceux et celles qui aimaient Marie Trintignant.
L’onde de douleur que cet homme a créée en tuant sa compagne s’étend à toutes les vies des proches de la victime, et pour toujours. Pour utiliser une autre phrase toute faite… ce sont des dommages collatéraux qui ne se réparent pas, ne se payent pas et ne s’oublient pas.
Chez nous, Guy Cloutier a été trouvé coupable du viol d’une jeune chanteuse, et aux dernières nouvelles, on ne l’embauchait pas dans le milieu artistique. Jean Francois Harrison n’est plus, non plus, le bienvenu à la télévision. Mais un assassin français qui a «payé sa dette à la société», on irait l’applaudir au TNM?
On a pris la vie d’une femme, comédienne douée, mère aimante, fille adorée. La seule personne qui pourrait lui pardonner, c’est Marie Trintignant. Malheureusement, elle ne reviendra plus, elle n’a pas eu de «deuxième chance».
Qu’il ne vienne pas insulter le public en se présentant dans une production intitulée Des femmes.
– Sylvie Frenette