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Un club de bric et de broc?

Ils sont cinq désormais. Les quatre mousquetaires du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont un nouvel escrimeur : l’Afrique du Sud, première puissance économique sur le continent le plus pauvre de la planète. Ils seront bientôt toute une cohorte bataillant ferme pour faire entendre leurs voix au nom d’un nouvel ordre mondial.

Leur sommet jeudi dernier, sur la petite île chinoise de Sanya, est passé inaperçu comme les deux précédents. Pourtant, ce club de pays émergents (même si la Russie n’en est pas vraiment un) représente plus de 40 % de la population mondiale et surtout la moitié de la croissance économique planétaire, con-tre 7,5 % il y a une quinzaine d’années. 

Ils sont animés par une même fixation : faire contrepoids aux États-Unis. Pour l’heure, ils avancent en ordre dispersé avec des intérêts à géométrie variable. Politiquement et culturellement, ils ont peu en commun. Pour les sceptiques, ils appartiennent à un groupe de bric et de broc.

L’Inde et la Chine, les deux poids lourds du BRICS (c’est le nouvel acronyme, avec l’orthographe anglaise de l’Afri­que du Sud), se crêpent souvent le chignon à propos de leurs frontières et de leurs relations commerciales. Mais en ce moment, dans le dossier libyen, les cinq parlent d’une même voix, sans fausse note. Arrêtez les bombardements, lancent-ils à l’OTAN.

Leurs cris ne seront pas entendus, pas plus d’ailleurs que leurs appels à réformer le système financier international. Ils aimeraient, par exemple, que les États-Unis et les pays européens ne soient pas les seuls à pouvoir diriger la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

Ils ne remettent pas en cause la mondialisation. Elle leur a permis de décoller économiquement. Mais ils ne veulent plus en être de simples wagons. Au train où vont les choses, ils en seront bientôt les locomotives.

En attendant, ils se positionnent dans ce monde «postaméricain». L’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud font des pieds et des mains pour être des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, à l’instar de la Russie et de la Chine. Mais le nouvel ordre mondial réclamé est avant tout économique. Le BRICS n’a aucune idéologie propre, autre que celle de devenir un bloc incontournable dans un monde multipolaire. Avec des régimes autoritaires comme ceux de la Chine et la Russie, il n’est pas forcément en quête de justice et d’équité.

En définitive, le BRICS veut sa place au soleil sans pour cela porter ombrage à l’Occident dont le déclin est, de toute façon, maintes fois annoncé.

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