L’autre Euro
Depuis quelques jours, l’Euro 2012 de soccer se tient conjointement en Pologne et en Ukraine. Bienvenue dans un Euro pas comme les autres. En effet, un cocktail explosif menace le soccer européen: crise financière, matchs truqués et montée du racisme.
À l’image de l’Europe en crise et à genou, le soccer du vieux continent est malade. Prenez l’exemple de l’Espagne, une des favorites du tournoi. Championne en titre du monde et d’Europe, elle est dotée de clubs brillants sur le plan sportif. Pourtant, ses clubs sont à son image, ternie par les contre-coups de la crise financière. Ses clubs sont surendettés et doivent quelque 752 millions d’euros au fisc espagnol.
L’Espagne est à l’image de cette Europe du soccer qui traverse une crise structurelle. La cause? Plusieurs années de laisser-faire et une gabegie incommensurable: inflation incontrôlée des salaires, explosion des transferts, etc. La bulle financière du soccer menace à tout moment d’éclater.
Conséquence de ce laisser-faire: la mise en danger de l’intégrité du soccer européen. Du coup, les affaires salles de matchs truqués ébranlent des championnats européens, notamment en Italie, en Grèce et en Turquie.
Dans ce climat morose, d’autres affaires secouent le début du tournoi, notamment le racisme. Des associations contre le racisme en Europe ont rapporté des incidents racistes. Durant une séance d’entraînement de la Hollande, des cris de singes ont été adressés par des supporters ukrainiens à des joueurs portant les couleurs hollandaises. Le même incident s’est répété en marge du match opposant la Russie à la République tchèque. Cette fois, les cris de singes des supporters russes visaient Theodor Gebre Selassie, joueur tchèque de père éthiopien.
Ces incidents racistes ne concernent pas seulement des incidents opposant deux pays. Un scandale secoue la Pologne. Son équipe nationale compte cinq joueurs qui sont nés ou ont grandi à l’étranger. Ludovic Obraniak et Damien Perquis, nés en France, et trois footballeurs ont émigré dans leur prime jeunesse en Allemagne: Sebastian Boenisch, Eugen Polanski et Adam Matuszczyk.
Certains observateurs du soccer polonais se sont insurgés contre ces binationaux. C’est le cas de Jan Tomaszewski, ancien gardien de but de l’équipe polonaise des années 1970 et député du Parti conservateur Droit et Justice (PIS). Tomaszewski préfère ne pas soutenir «une équipe composée de Français et d’Allemands».
Allez, que la meilleure équipe gagne!