Turcotte vs Shafia: de l'honneur et de la culture!

C’est fou combien cette saga des Shafia a fait couler d’encre et comment elle a déclenché un déluge d’experts et autres charlatans sur toutes nos tribunes médiatiques! En bon québécois, la grogne a pogné.

Tenez, l’autre jour, alors que je m’affairais à peaufiner mon dernier billet, une amie, une autre, m’a demandé sur quel sujet je travaillais. Quand je lui ai répondu le procès Shafia, elle a sursauté comme piquée par une abeille. Elle a étalé grandement sa joie en hurlant qu’elle était tellement contente pour une fois que la justice ait été rendue et que c’est une sacrée bonne nouvelle pour signifier, une bonne fois pour toutes, aux immigrants, qu’ici, on ne tolère pas les aspects rétrogrades de leur culture, notamment la domination des hommes sur les femmes. Ouf!
    
Alors, mon instinct de travailleur de l’information a pris le dessus et je l’ai provoqué. Je lui ai rétorqué qu’au fond de cette affaire, la culture n’est pas le véritable mobile.

Comment? s’est-elle insurgée. Je lui ai demandé de se calmer et de suivre mon raisonnement. Guy Turcotte, il n’est pas un taliban et pourtant il a liquidé avec rage ses deux enfants à coups de couteau! Mon amie m’accusa sans sommation. «Tu mélanges des pommes et des oranges, s’est-elle indignée, ce n’est pas du tout la même chose.»

Et pourquoi? Selon mon interlocutrice, et je présume une majorité de commentateurs d’ici, Turcotte est un malade et ce n’est pas à cause de sa culture qu’il a assassiné ses enfants. Ah bon! Je ne suis pas d’accord.

Le fond des deux affaires de Turcotte et des Shafia est un drame familial. Autrement dit, c’est la relation conflictuelle homme-femme. Certes, dans le cas des Shafia, la culture a joué un rôle d’accélérateur! Mais depuis la nuit des temps, et quelle que soit l’époque ou la société, les crimes passionnels, ou comme dirait l’autre, possessionnels, se hissent en tête du classement des crimes avec meurtre.

On a là un exemple criant. Turcotte a eu accès à un système d’éducation performant (à l’époque je veux dire), il a réussi ses études supérieures en médecine, a épousé son amour et a mené une vie réussie et normale dans la démocratie libérale du meilleur pays au monde. Il n’a pas grandi dans les rudes montagnes de Tora Bora en Afghanistan. Là-bas, où le seul accès à l’éducation est l’école coranique où l’on inculque une version rétrograde de l’islam. Et pourtant, Turcotte est passé à l’acte final parce qu’il s’est senti meurtri dans son honneur d’homme quand il s’est fait cocufié par son meilleur ami.

La chronologie de l’affaire Guy Turcotte nous révèle que l’un des éléments déclencheurs de sa boucherie a été le jour où il a appris par son voisin que Martin, son ancien ami qui l’a trahi avec son ex, s’est installé dans la maison des Turcotte dès son départ, et qu’il couchait là presque tout le temps. Ça l’a fait capoter que son ami, celui qui lui a «volé» sa femme, celui qui l’a «trahi», celui-là même couche désormais dans son lit et «prend» sa place auprès de ses enfants. Ce jour-là, le compte à rebours s’est enclenché!

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