La récession est là… pour durer!

Cet été, je sirotais tranquillement un café sur une terrasse de la rue Saint-Denis. Les gens étaient joyeux de savourer une journée ensoleillée. Ce genre de journée où le temps semble suspendu par la nonchalance et les rires des passants.

Ce jour-là, je m’attendais à tout sauf à discuter économie. Mais bon, mon interlocuteur de circonstance, un propriétaire immobilier qui a réussi dans le monde des affaires, avait une mine défaite et à l’opposé de son habitude joyeuse, il me semblait très soucieux. Intrigué, je lui ai demandé si tout allait bien. Il a hésité avant de me répondre une phrase qui n’a pas cessé de raisonner dans ma tête depuis cinq mois. «Écoute mon cher Hassan, nous sommes plongés dans une récession économique déstabilisante. D’ici juin prochain, tu verras, tous les indicateurs économiques vont s’affoler!»

Je l’ai trouvé un peu rapide sur le piton alarme. Je l’ai donc confronté. «Arrête de t’inquiéter. L’économie canadienne est immunisée. Regarde la crise de 2008 qui a secoué l’Oncle Sam, elle est passée presque inaperçue chez nous!» Son visage s’est subitement illuminé et il m’a presque harangué: «Pour toi, peut-être, mais dis-toi une chose, les contrecoups de la crise qui secoue la zone euro sont déjà là. Dans mon entourage, les grands propriétaires immobiliers sont terrorisés. C’est la première digue. Avant les banques, les autorités financières et les bourses, ce sont les propriétaires immobiliers qui ressentent, en premier, la secousse. Et celle-ci est vive et violente. C’est la première fois que j’ai de la misère à revendre un bloc appartement. J’ai même réduit le prix de 50 000 $, et ça ne marche pas! Même quand je m’entends avec un potentiel acheteur, la banque lui refuse le financement, car les institutions financières sont devenues frileuses! Tu verras, d’ici décembre 2012, il y aura une chute vertigineuse des prix des maisons. Et la récession s’étalera sur au moins cinq ans.» Et vlan!

Depuis lors, j’ai recoupé l’information auprès d’autres connaissances qui œuvrent dans le milieu de l’immobilier. Tous, sans exception, grimacent quand je les aborde. Ils finissent par m’avouer du bout des lèvres que les prochaines cinq années sont hypothéquées et qu’elles s’apparenteront plus à la banqueroute qui a failli ruiner le Canada aux débuts des années 1990.

Et il y a de quoi s’inquiéter, même si les autorités politiques et institutions financières essayent de nous passer la pommade! Depuis l’été, c’est la première fois en dix ans que j’ai vu, dans l’île Montréal, des propriétaires offrir un à trois mois de loyer gratuits dans leurs annonces.

Alors, durant, le temps des fêtes, j’ai fait un suivi avec mon ami propriétaire. Sur ses trois bâtisses mises sur le marché, aucune n’a été vendue! Et les mauvaises nouvelles ne cessent de se multiplier. Le taux de chômage a augmenté en décembre au Canada, on clame, de plus en plus, que la menace est bel et bien réelle et l’ONU prévoit une croissance mondiale faible en 2012.

En tout cas, quand j’étais à l’université, nos professeurs d’économie n’arrêtaient pas de nous radoter: «quand le bâtiment va, tout va». Le contraire l’est aussi. Attachez vos ceintures, et faites attention à vos finances, les cinq prochaines années risquent d’être terribles pour tout le monde!

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