Le hockey, essentiel à notre santé mentale
La fin du lock-out au hockey est une excellente nouvelle pour les amateurs, les commerçants et, surtout, pour notre santé mentale collective. Comme dirait Gérard Deltell, on ne se mettra pas la tête dans le derrière de l’autruche : plusieurs d’entre nous étaient en train de perdre la carte avant la bonne nouvelle de la fin de semaine dernière.
Comme Ron Fournier. Un soir de décembre, Ron décide de faire une émission de trois heures sur le cyclisme, en plein hiver. Ron a un invité en studio, mais on sent bien qu’il n’a pas ou peu d’appels. Soudainement, il annonce qu’une dame est en ligne!
Ron : On parle à Lise. Salut Lise!
Lise : Ron, j’aimerais ça te parler de Carey Price.
Ron : Madame, madame, madame, madame, MADAAAAAME! On parle de cyclisme.
Résultat : Ron se met à chanter pendant cinq minutes, sans arrêt, en français et en russe.
Autre exemple : fin de l’automne, RDS annonce en grande pompe avoir acquis les droits exclusifs des matchs… de criquet! Du criquet à RDS?! On est où? À TVA Sports?
Et finalement, il y a bien sûr notre exemple à nous. Pendant le lock-out, il s’est produit quelque chose d’impensable. Nous avons appris à connaître nos amis. Pas le choix. En l’absence de hockey le samedi soir, quand ils sont venus prendre une bière à la maison, il a fallu leur parler! Inutile de dire que la situation était devenue intolérable pour tous. Il a fallu se rendre à l’évidence :on était sérieusement en manque de notre sport. On s’ennuyait même de Benoît Brunet, c’est dire!
Il faut l’avouer, à un moment ou à un autre de cet interminable conflit de travail, on a tous fait le vœu pieux d’ignorer le hockey à son retour. Comme nous, lors de vos réunions de famille du temps des Fêtes, vous avez dû en entendre affirmer qu’ils n’écouteraient même pas le premier match à la télé, si une entente se concluait.
Arrêtons de croire nos propres mensonges. On est tous fébriles à l’idée de voir notre sport national de retour. Stephen Harper était excité comme une fillette qui rencontre Justin Bieber quand il a réagi, 30 minutes après l’annonce de la fin du lock-out! Si c’était Carey Price, un autochtone, qui avait fait une grève de la faim pour protester contre Gary Bettman, notre premier ministre l’aurait rencontré en une demi-heure!
Nous allons, comme tout le monde, écouter la première partie du Canadien, dont on s’ennuyait tant, et ce, même s’il a terminé bon dernier dans son association la saison dernière. Imaginez un instant ce que ce serait si on avait une équipe pouvant aspirer à la Coupe Stanley! Et puis non… ce ne serait pas bon pour notre santé mentale.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.