Attentats de Boston: Les dommages collatéraux

Après l’abominable attentat de Boston, la chasse à l’homme a certes mis hors d’état de nuire les présumés terroristes, mais elle a éclaboussé la quiétude d’honnêtes gens!

Et les histoires commencent à sortir comme celle de cet étudiant saoudien qui a vécu un calvaire la semaine dernière. Le journal Saoudien Okaz a interviewé Ahmed Kacem Arouili, un des visages arabes qui ont incarné les dommages collatéraux de l’attentat de Boston. L’étudiant saoudien, inscrit dans un institut de langues, a raconté ce jour fatidique où il a fait l’objet d’un raid chez lui à Boston. Il a été menotté pour subir des interrogatoires en règle de la police et du FBI. Motif de son arrestation: sa ressemblance avec Djokhar Tsarnaev, un des auteurs de l’attentat.

Selon le récit du journal saoudien, Ahmed habite chez une famille américaine en compagnie d’autres étudiants étrangers notamment deux compatriotes d’Arabie Saoudite et d’autres colocataires des Émirats arabes unis, du Brésil et de Taiwan.

Ce jeudi-là, tout ce beau monde était confiné à domicile, à Boston, pour suivre les instructions de couvre-feu imposées par la police locale. Ttout à coup, un raid policier digne des superproductions américaines s’est déroulé chez eux. Quinze policiers armés jusqu’aux dents ont fracassé la porte arrière de la maison, dans un exercice conçu pour frapper d’effroi et figer les criminels les plus endurcis. Effrayée et outrée, la propriétaire, une Américaine du troisième âge, s’est indignée par la violence du raid. Elle a aussi été appréhendée. Tous les étudiants ont été menottés, fouillés et sortis pieds nus à l’extérieur de la maison. Ils ont subi individuellement un interrogatoire en règle pendant une trentaine de minutes.

Les policiers ont fini par relâcher les étudiants, sauf Ahmed Kacem Arouili. Là, on lui a exhibé la photo de Djokhar Tsarnaev pour lui poser la question: êtes-vous la personne sur la photo? Il a subi alors une prolongation de son interrogatoire sur le présumé coauteur de l’attentat de Boston. On a aussi vérifié ses antécédents, posé plusieurs questions sur son frère qui vit en Arabie Saoudite, etc.

Par la suite, les policiers lui ont enlevé les menottes et permis de rentrer à l’intérieur de la maison pour continuer l’interrogatoire, une autre trentaine de minutes. À la suite de ça, la police a quitté les lieux. Mais ce n’était pas fini. Plus tard, le FBI a débarqué, et rebelote, un autre interrogatoire serré de tous les colocataires.

Après sa mésaventure, Ahmed Kacem Arouili a avoué ne pas avoir dormi de la nuit. Le lendemain, il s’est empressé d’entrer en contact avec son ambassade.

La mésaventure de Arouili n’est pas le seul dérapage. Plusieurs cas ont été recensés, sans compter bien sûr tous ceux qui ne se sont jamais plaint pour éviter la médiatisation de leur cas. Parmi ces histoires, le New York Post avait affiché en une deux marathoniens d’origine marocaine. Deux innocents. Il y a eu aussi l’affaire Sunil Tripathi, l’étudiant d’origine indienne qui a disparu et été désigné par erreur comme suspect principal. Il a été retrouvé mort par la suite.

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