Du Canadien et du père Noël

Quand un cadeau nous tombe du ciel, on a l’impression que le père Noël existe bel et bien. Ç’a été le cas vendredi dernier.

Cet après-midi-là, je vaquais machinalement à mes occupations quand je me suis rendu compte que mon cellulaire était sur le mode silencieux par inadvertance. Évidemment, ma boîte vocale était pleine. Une amie proche tentait en vain de me joindre d’urgence. Je l’ai aussitôt rappelée.

Savez-vous quoi? Elle m’a offert d’accompagner son fils au Centre Bell pour assister au deuxième affrontement du Canadien contre les méchants Sénateurs d’Ottawa, dans le cadre du premier tour des séries de la Coupe Stanley. Quelle surprise!

J’ai dû chambarder ma routine en moins de cinq minutes. Comme par magie, une autre amie a accepté de cueillir ma plus grande à l’école, et mon épouse s’est sacrifiée pour le reste. Ah, les femmes!

Quel cadeau! Alors que je me préparais à suivre la rencontre tranquillement sur mon canapé, je me suis retrouvé dans la convoitée section rouge des hystériques gradins du Canadien.

C’était ma troisième partie au domicile des Glorieux, ma première des séries. Lors de l’horrible saison dernière, je m’étais farci deux défaites contre les très méchants Bruins de Boston et les écœurants Devils du New Jersey. J’avais hâte à une victoire.

Pendant que la foule scandait le Ô Canada, je filmais mon jeune compagnon pour immortaliser ce jour inoubliable de sa vie, sa première sortie au Centre Bell de ses idoles. Cette image m’a replongé dans mon passé.

Quelques jours avant le printemps 2002, j’ai déposé mes valises dans la capitale du royaume du hockey, Montréal. Depuis lors, le printemps est une période magique pour moi. Pas seulement parce que c’est la fin de l’hiver. C’est à ce moment de l’année que j’ai rencontré mon premier amour ici, le Canadien.

Comme pour plusieurs, mon arrivée a été synonyme d’accumulation de mésaventures. Après l’euphorie du départ, j’ai frappé le mur de l’intégration. À l’époque, vous auriez eu plus de chances de gagner à la 6/49 que de trouver un logement à louer. Et je vous fais grâce de l’amertume d’un immigrant chercheur d’emploi.

Dans mon demi-sous-sol pourri, rue Bélanger coin Pie-IX, j’étais écœuré par l’accumulation de mes ratés. Comme meubles, je n’avais que mon matelas à même le sol, un vieux frigo qui émettait un son strident à journée longue et une petite radio qui m’a fait découvrir le hockey. Dans mon désespoir, je me suis inspiré, entre autres, de la rémission du cancer du capitaine Saku Koivu et de son retour à temps pour les séries. Je me suis accroché. Et ça se poursuit.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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