Tour de France : Le dopage à l’œil nu
Centième édition ou pas, le dernier Tour de France a ravivé les soupçons de dopage. Le maillot jaune de Chris Froome est-il à l’abri de l’épreuve du temps?
Dans «Tour de France : comment les coureurs contournent les contrôles», un article du journal français Le Monde, Rémi Dupré et Stéphane Mandard expliquent comment un dopé peut être clean à 6 h du matin après des autotransfusions sanguines la veille à 23 h.
Pire, Antoine Vayer, ancien entraîneur de Festina, spécialiste de l’analyse des performances des cyclistes professionnels et chroniqueur pour plusieurs quotidiens, dont Le Monde, a lancé Tous dopés? La preuve par 21, un magazine fascinant disponible en kiosque.
À la lecture de ce numéro spécial, on se rend compte que le monde du cyclisme effectue des contrôles anti-dopage facilement contournables plutôt que des contrôles de la performance.
Tous dopés? explique que les preuves de la supercherie existent dans l’analyse et l’interprétation des performances des coureurs. Selon Antoine Vayer, la montagne est le révélateur du dopage. Ses cols permettent de calculer exactement la puissance musculaire de chaque coureur selon sa morphologie et de placer des «radars». Cette puissance, exprimée en watts, est l’indicateur le plus fiable de la prise éventuelle de produits dopants, précise-t-il.
Vingt ans de travaux ont permis à Antoine et son équipe d’établir trois zones de performance : le seuil «suspect» à partir de 410 watts, le «miraculeux», au-delà de 430, et enfin le «mutant», au-delà de 450.
Grâce à la méthode des watts, expliquée en long et en large dans ce numéro de Tous dopés?, on comprend comment le tandem Hinault-LeMond a mis 10 minutes de plus pour grimper l’Alpe d’Huez que les Pantani ou Armstrong.
Une autre trouvaille corrobore la méthode des watts. Le magazine français Le Point a publié un article hallucinant intitulé «Le Tour de France – Les chiffres effarants du dopage». Ses auteurs, Natalia Bourguignon et Alexandre Ferret, se sont basés sur le travail de fourmi de Stéphane Huby, du site internet Cyclisme-dopage. Il a épluché la presse, rassemblé tous les aveux, lu tous les livres relatifs au vélo et est arrivé à des conclusions affolantes. Depuis 1968, 36 % de tous les participants aux différents Tours de France ont été contrôlés positifs (2 805 sur 7 883 participants). Dans le top 10, ils sont 62 % (279 sur 450 coureurs). Chez les vainqueurs, 84,4 % (38 sur 45 vainqueurs).
La preuve est visible à l’œil nu!
À lire aussi dans le blogue de Hassan Serraji : «Le Tour de France, le mal est fait!»
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.