Je ne voterai plus péquiste

Il y a six ans, mon premier vote à vie lors d’une élection provinciale au Québec a été donné avec joie au parti de René Lévesque. Pourquoi?

D’abord, à l’époque, le péquiste de ma circonscription a été victime d’une affaire de discrimination à l’emploi qui a défrayé la chronique. Quand le PQ a fait confiance à ce candidat d’origine marocaine, il m’a démontré sa fibre inclusive. Ensuite, parce que le PQ était la seule formation sociale-démocrate capable de diriger la province.

Je ne voterai plus péquiste, non pas parce que je suis allergique à son projet de créer un pays. Pas du tout. Je sais que la souveraineté ne changera pas grand-chose dans ma vie. Au lieu d’envoyer mes taxes à deux paliers de gouvernement, elles aboutiront dans les caisses d’un seul. Nous sommes déjà dans la mondialisation.

Je ne voterai plus péquiste, non pas à cause de l’affaire du «vote ethnique». On ne juge pas un homme d’État de la trempe de Jacques Parizeau sur une bourde. Avant tout, il est un des bâtisseurs du Québec inc. Qu’il ait dérapé le soir d’une défaite crève-cœur après un référendum volé, c’est humain!

Je ne voterai plus péquiste, non pas parce qu’un caucus de testostérone a tassé Maria Mourani, l’unique députée souverainiste à Ottawa, pour la museler. En politique, même les souverainistes sont capables de mesquinerie. Ils ne sont pas des «saints».

Je ne voterai plus péquiste, non pas parce que je n’ai pas d’amis souverainistes. Depuis mon arrivée au Québec, j’ai eu plus de facilité à me faire des relations au sein de sa jeunesse. Aux élections de 2007, caméra à l’épaule, j’ai suivi un autre candidat péquiste, lui aussi originaire du Maroc. J’ai découvert alors une jeunesse péquiste progressiste et avenante.

Je ne voterai plus péquiste, non pas parce que je risquerai de perdre mon emploi si la charte de Drainville passe telle quelle. Je ne pratique aucune religion et je n’ai jamais porté un signe religieux de ma vie.

Je ne voterai plus péquiste, non pas parce que l’aile des «Ayatollahs de la souveraineté ethnique» a dévoré les «souverainistes culturels» dans la foulée du projet de Drainville. C’est la démocratie. Si une majorité peut voter cette charte aujourd’hui, une autre majorité pourrait l’annuler plus tard. C’est de bonne guerre.

Je ne voterai plus péquiste parce que je me rends compte, de plus en plus, que je ne serai jamais assez Canadien français aux yeux des purs et durs de ce parti et que sa jeunesse et son aile solidaire ont abdiqué!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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