Personnalités de 2013 : Les Québécoises d’origine arabe

Photo: Collaboration spéciale

Chez nous, en 2013, le débat sur le voile a révélé sur la scène médiatique les Québécoises d’origine arabe dans leur diversité. Quatre ont émergé du lot.

D’abord, la «bonne» Arabe : Djemila Benhabib. Qu’on soit pour ou contre, elle incarne incontestablement l’envie de combattre tous azimuts l’extrémisme islamiste. La péquiste est impitoyable dans sa bataille contre les barbus, même si sa cabale sacrifie les musulmans modérés. Who cares?

Pour ses détracteurs, Djemila Benhabib est l’«informatrice indigène». Dans son cas, ce sobriquet désigne cette personne qui, simplement parce qu’elle a grandi en Algérie, est automatiquement une experte sur les Arabes etles musulmans.

Pour les ayatollahs de la laïcité, Djemila est l’«élue». Tous les mots qui sortent de sa bouche sont paroles d’évangile. Elle dit ce qu’ils ont envie d’entendre et elle peut aller plus loin encore dans la critique. Personne ne peut la soupçonner, elle, l’Algérienne, d’islamophobie.

Passons aux «brutes» arabes : Maria Mourani et Fatima Houda-Pepin. Sous couvert de l’anonymat, l’ex-bloquiste et la libérale sont toutes les deux décrites comme des femmes au franc-parler et à la personnalité forte. Elles charrieraient tellement qu’elles seraient incapables de travailler en équipe. Ah bon!

Autrement dit, des «emmerdeuses» de première qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Maria, la Libanaise, a semé le désarroi dans le mouvement souverainiste, et Fatima, la Marocaine, a forcé le chef libéral à modifier la position de son parti sur les signes religieux. Ironiquement, au Québec, les seules femmes qui ont tenu tête à leur chef et à leur caucus sont des femmes arabes.

Arrivent les «midinettes du voile». Après son passage réussi à Tout le monde en parle, Dalila Awada est devenue malgré elle la porte-parole des jeunes Québécoises arabes de deuxième génération. Elles sont bien intégrées dans la société québécoise et veulent assumer leur identité.

Née au Québec de parents originaires du Liban, Dalila Awada se dit fière de porter le voile tout en écoutant du Richard Desjardins. Et elle ne veut pas choisir entre sa culture québécoise et son voile.

Sitôt révélées par les médias, Dalila Awada et ses semblables ont été étiquetées «midinettes du voile» par les vigiles d’un Québec «pur». Ces égéries seraient mobilisées par des organisations occultes liées à l’islamisme et chiite, et sunnite. Wow!

L’année 2013 nous a révélé des Québécoises d’origine arabe insoumises, fières et prêtes à assumer leurs choix, coûte que coûte. Ce sont mes personnalités de l’année! Joyeux Noël et bonne année 2014!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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