Syrie: la mort est la règle

La ville suisse de Montreux est le théâtre d’âpres discussions pour sortir la Syrie de l’impasse. Mais rien ne présage la sortie de crise!

En juin 2012, à Genève I, à la première conférence internationale sur la Syrie, la communauté internationale a élaboré une feuille de route. Tous les espoirs reposaient sur la création, par «consentement mutuel», d’une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs.

Nous sommes rendus à Genève II. À Montreux, les deux délégations sont assises à la même table, mais se parlent par Lakhdar Brahimi interposé. Et le médiateur de l’ONU aura du pain sur la planche. Dès l’ouverture des pourparlers, l’ampleur des embûches à dépasser semble insurmontable autour de la table des négociations!

Le recoupement des informations publiées par la presse internationale le prouve. D’emblée, le gouvernement syrien n’était pas prêt à discuter d’un projet de gouvernement transitoire. Walid Mouallem, le ministre des Affaires étrangères syrien et chef de la délégation de Damas, a affirmé n’être en Suisse que pour extirper son pays du danger du terrorisme international. Dans un langage plus clair, son pays joue la montre.

À l’autre bout de la table des négociations, Ahmed Jarba, le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS) qui représente la rébellion tiraillée, tonne, quant à lui, que toute discussion passerait par un accord préalable sur le départ de Bachar el-Assad. Il doutait même de la sincérité de la délégation du régime syrien présente au Montreux Palace.

Alors que les négociations peinent à démarrer en Suisse, la guerre faisait rage sur les champs de bataille en Syrie. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, en deux jours, plus de 200 morts ont été enregistrés.

Et comme si un malheur ne vient jamais seul, la Syrie sombre dans une guerre religieuse. Les médias du monde documentent depuis plusieurs mois la montée fulgurante de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Cette branche radicale proche d’Al-Qaïda fait régner la terreur dans les zones qu’elle contrôle en Syrie.

La Syrie et l’Irak sont devenus les champs de bataille d’une guerre qui dépassent leurs frontières. Les chiites soutenus par l’Iran et le Hezbollah libanais mènent une bataille de survie face aux forces sunnites téléguidées par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Une poudrière qui risque de plonger toute la région dans une guerre sans fin. Un terreau propice pour les djihadistes affiliés à Al-Qaïda. Jusqu’à quand?

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