Le bel âge
Non, je ne vous parlerai pas de personnes âgées dans cette chronique, mais plutôt du fait que j’ai constaté dernièrement que la trentaine est vraiment un bel âge pour être célibataire. J’aurai 30 ans dans quelques mois et je n’ai jamais aussi bien vécu mon célibat.
Mes quelques amies célibataires qui ont passé le cap de la troisième décennie sont du même avis que moi. Vivre son célibat avec un peu plus d’années au compteur ne fait vraiment pas de tort! Certains d’entre vous seront sans doute surpris de cette affirmation. N’est-ce pas inquiétant d’être seule quand presque tous ses amis sont en couple, ont acheté un condo avec leur douce moitié et ont des bébés? Oui, un peu, je le concède, mais la liberté ressentie quand on est célibataire à presque 30 ans n’a rien à voir avec le sentiment d’urgence et d’insécurité qui nous assaille quand on a 20 ans et qu’on est sans amoureux.
Au début de la vingtaine, quand je me suis retrouvée sans chum, je me demandais constamment quand j’allais rencontrer le prince charmant. Aujourd’hui, je me dis que cela arrivera bien un jour et qu’il ne sert à rien d’avoir toujours cette pensée en tête. Je fais davantage confiance à la vie!
Au début de la vingtaine, je n’osais pas vraiment aborder un gars que je trouvais mignon dans un bar ou dans une soirée. J’avais peur du rejet, j’étais gênée. Aujourd’hui, je ne me gêne plus pour aller parler à un garçon qui semble intéressant, je fais beaucoup plus de sourires à des inconnus dans la rue (plan d’attaque oblige!) et, énorme différence avec mon attitude du début de la vingtaine, je laisse davantage les hommes venir à moi. Si un homme m’aborde, je discute avec lui gentiment au lieu de le repousser ou de l’ignorer comme j’ai déjà fait dans le passé. Qui ne risque rien n’a rien!
Au début de la vingtaine, quand j’ai eu ma première aventure d’un soir, je ne m’assumais pas vraiment. Le lendemain matin, j’ai culpabilisé et je me suis demandé si mon amant de passage allait me rappeler. Aujourd’hui, s’il m’arrive de passer une nuit avec un jeune homme, je profite du moment présent, et le lendemain, je me dis que si nous revoyons, ce sera tant mieux, et sinon, tant pis!
Au début de la vingtaine, quand je faisais une rencontre intéressante, je me disais : «Ça y est. Je vais enfin avoir un chum!» Je voulais tellement que ça marche que j’ignorais parfois les incompatibilités et l’absence d’intérêts communs. Ou, au contraire, après une date, je me faisais une idée de l’autre personne et je m’arrêtais sur des détails physiques qui me déplaisaient après seulement quelques heures passées en sa compagnie. Disons que je ne laissais pas beaucoup de chances au coureur… Aujourd’hui, j’attends quelques rendez-vous avant de m’emballer et j’attends de connaître l’autre personne davantage avant d’être certaine que ça ne pourra pas fonctionner.
Finalement, je suis juste plus détachée à 29 ans que je l’étais à 22 ans. Je suis beaucoup plus zen, ce qui me permet de vivre cette période enrichissante qu’est le célibat avec beaucoup de plaisir. Vivement mes 30 ans, dans moins d’un an!
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