Montréal-Québec-Varennes

La semaine dernière, j’ai reçu une demande d’ami sur Facebook de la part d’un certain Hugo. Puisque je n’avais pas d’amis en commun avec lui et que je ne croyais pas le connaître, j’ai décidé de ne pas donner suite à sa demande. Il est alors revenu à la charge en m’écrivant : «Tu ne te souviens pas de moi, hein? On a fait un roadtrip à Québec ensemble il y a environ six ans…»

C’est alors que je l’ai reconnu. Hugo de Varennes! Je l’avais côtoyé le temps d’un week-end et je ne lui avais plus jamais donné de nouvelles. Lui non plus, d’ailleurs. J’avais effacé de ma mémoire ce drôle de séjour passé en sa compagnie, et voilà qu’il ressurgissait des années plus tard…

Il y a six ans, j’étais sorti dans un bar avec des amies et, à trois heures du matin, j’avais fait la rencontre d’Hugo. Je l’avais trouvé mignon. Il m’avait demandé mon numéro de téléphone, et je le lui avais donné. Il m’avait appelé la semaine suivante; il voulait qu’on fasse quelque chose ensemble pendant le week-end. Je devais alors aller à Québec pour la fête d’une amie, et Hugo m’avait offert tout bonnement de m’y accompagner. Je ne l’avais vu que cinq minutes dans ma vie, mais j’avais quand même dit oui. J’avais alors trouvé ça terriblement excitant, sans penser une minute que ce genre d’histoires, ça a toujours l’air plus romantique que ça l’est en vérité!

Hugo était venu me chercher chez moi le vendredi suivant. On avait passé les deux heures suivantes à se raconter nos vies. On s’était aperçus qu’on n’avait pas du tout les mêmes intérêts rendus environ à Trois-Rivières. Il était toutefois trop tard pour rebrousser chemin…

On avait donc passé un week-end un peu étrange. J’avais pensé à me sauver le premier soir, après avoir constaté que la chimie n’était pas vraiment au rendez-vous entre nous, mais j’avais trouvé que ça ne se faisait pas vraiment. Il avait dû y penser lui aussi, mais s’être dit en bon gentleman qu’il allait me ramener à bon port.

Je m’étais demandé à plusieurs reprises pendant ce week-end : «Pourquoi as-tu accepté de passer deux jours avec un gars sans savoir si vous aviez des atomes crochus?» Il avait dû se dire de son côté : «Pourquoi as-tu offert à une illustre inconnue de passer deux jours avec elle sans savoir si vous aviez quelque chose à vous dire?»

Sur le chemin du retour, nous avions échangé peu de mots, et quand il m’avait déposée chez moi, nous n’avions pas prévu de nous revoir. De fait, nous ne nous sommes jamais revus. C’est donc avec surprise que j’ai constaté qu’Hugo voulait devenir mon ami sur Facebook la semaine dernière.

Après réflexion, je me suis dit que c’était sûrement la chose la plus intelligente à faire, devenir ami avec quelqu’un avant de passer 48 heures avec lui. Merci, Hugo, de m’avoir rappelé que la complicité, ça peut parfois prendre du temps à se développer et que ça ne se crée pas toujours en criant «Montréal-Québec!»

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