Le courage et la vision de Julia Gillard

Ce nom ne vous est sans doute pas familier. Pourtant, Julia Gillard, en tant que nouvelle première ministre de l’Australie, vient de catapulter son pays vers une économie verte grâce à un virage énergétique aussi courageux que visionnaire. Il faut savoir que l’Australie consomme et exporte massivement du charbon. Pire pollueur d’entre les pollueurs, le charbon va graduellement sortir du bilan énergétique australien pour laissé place à un virage énergétique vert sans précédent dans l’univers des pays riches (Alcan se départie également des ses actifs dans le charbon à l’échelle internationale).

Le tout commence par une taxe sur le carbone de 23$ australiens pour chaque tonne de CO2 émise, soit environ 21,75$ canadiens. Mise en place le 1er juillet prochain, cette taxe vise les grands émetteurs et, en particulier, les centrales au charbon qui produisent l’électricité. Puis, en 2015, le prix du carbone sera déréglementé et soumis au marché des échanges. Mais il y aura un plancher en bas duquel il ne pourra tomber et si les prix mondiaux du carbone sont en hausse, il sera ajusté en conséquence. Pas d’échappatoire!

Comme cela aura une incidence sur les prix à la consommation et sur les emplois, l’argent récolté sera investit de plusieurs façons. Au départ, les australiens recevront un chèque d’environ 900$ par année pour compenser la hausse des prix et des milliards seront investis dans la création d’emplois verts, en misant particulièrement sur le transfert des travailleurs du secteur des énergies polluantes. Plusieurs organismes de surveillance assureront la bonne marche de cette transition avec, en bout de ligne, l’élimination de 2000 mégawatts d’électricité issus de centrales au charbon. Ça, c’est plus de trois fois la centrale nucléaire de Gentilly 2 au Québec!

C’est un remarquable programme. Il est complet et la volonté politique derrière un tel virage devrait inspirer le gouvernement du Canada qui nous sert toujours la même soupe indigeste que le virage énergétique ne doit pas nuire à l’économie. Quelle économie au juste? Celle qui verse des milliards de subventions et d’avantages fiscaux aux milliardaires des sables bitumineux? De grâce M. Harper, un peu d’imagination…

Comme le disait Nelson Mandella, on dit que c’est impossible, jusqu’à ce que cela soit fait!

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