Les femmes africaines sont en colère

Elles sont en colère, elles en veulent aux chefs de la planète qui tergiversent sur des mots et des virgules pendant que leurs terres sont menacées par les effets des changements climatiques.

Qui? Les femmes africaines, pour être plus précis les femmes des communautés rurales d’Afrique qui tenaient une marche contre la faim vendredi à Durban, en Afrique du Sud, en marge de la conférence de l’ONU sur les changements climatiques. «Nous sommes venues devant cette assemblée comme une seule voix pour l’Afrique. Nous disons non à l’apartheid climatique.»

La perte de terres agricoles, si précieuses à l’Afrique, est devenue l’un des effets les plus évidents des bouleversements climatiques. Les sécheresses se multiplient et sont de plus en plus rapprochées. Le con-tinent souffre de bien des maux liés aux changements climatiques : pertes de forêts tropicales dans la ceinture équatorienne, désertification massive autour des grands déserts et mouvements subséquents d’une mer de réfugiés environnementaux vers les bidonvilles des grandes capitales, déjà écrasées par des conditions de vie à la limite du tolérable.

La femme africaine a toujours été la gardienne de l’agriculture, de l’élevage et de la terre dans les traditions rurales millénaires de l’Afrique, mais la dégradation des terres aura un effet dévastateur sur le tissu social de tout un continent.

Dans un rapport rendu public il y a quelques semaines, le Groupe de scientifiques de l’ONU sur le climat explique comment des catastrophes naturelles de moindre envergure peuvent avoir des conséquences désastreuses.

Par exemple, les pluies importantes de 2008 en Afrique de l’Est ont déclenché la pire épidémie de choléra de l’histoire du continent, coûtant la vie à plus de 4 000 personnes. Le choléra n’est évidemment pas un résultat des changements climatiques, mais pourrait devenir plus fréquent à cause des bouleversements du climat.  

La solution africaine passera par un sauvetage et une redynamisation des terres, des forêts et des leurs occupants. Les femmes réunies ce matin nous ont fait part de leur frustration en termes non équivoques.

Ces femmes sont venues montrer l’un des visages des changements climatiques et rappeler à nos leaders politiques qu’il nous faut agir maintenant, pas dans 5 ou 8 ans comme le voudrait certains ici.

Suivez Steven Guilbeault sur Twitter au @s_guilbeault

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