Grand parleur, petit faiseur

C’est en ces termes qu’on pourrait résumer les conclusions du dernier rapport du commissaire à l’environnement, Ron Thompson, à la suite de l’évaluation de la performance environnementale du gouvernement fédéral. Sur les 14 points évalués par le commissaire, le gouvernement échoue sur neuf, dont les espèces menacées, la protection des écosystèmes et les outils de gestion du gouvernement…

Les commentaires de M. Thompson laissent peu de place à l’interprétation : «un manque d’engagement de la haute direction», «un financement souvent inadéquat», «le gouvernement viole sa propre loi», etc. La question des espèces menacées est très inquiétante. Au mois de juin 2007, un programme de rétablissement pour les espèces en péril aurait dû être en place pour les 228 espèces de cette liste. Or, seulement 55 ont fait l’objet d’un tel programme.

Un des éléments particulièrement préoccupant du rapport porte sur le processus d’évaluation environnementale stratégique des ministères.  Ce processus prévoit qu’une évaluation environnementale soit réalisée avant qu’une loi, qu’un programme ou qu’un plan soit adopté par un ministère. Il s’agit là d’une loi obligatoire pour les ministères et le résultat de ce processus doit également être rendu public.

Après trois vérifications en dix ans, le commissaire constate que, depuis 2004, les progrès réalisés sont «insatisfaisants», que la plupart des ministères ne préparent pas de déclarations publiques de leurs évaluations et que le Conseil privé (le ministère du premier ministre) ne questionne pas les ministères sur leur processus d’évaluation stratégique. Le rapport de M. Thompson sur la question du processus d’évaluation environnementale stratégique remonte au début des années 90. Loin de moi l’idée d’absoudre les libéraux de leurs responsabilités, mais les conservateurs ont quand même occupé le pouvoir durant sept des 17 années d’existence de ce programme.

Pourtant, le ministre de l’Environnement John Baird voudrait nous faire croire que tous les problèmes soulevés par le commissaire sont le résultat de l’inaction des libéraux durant leurs années au pouvoir… J’ai souvent l’impression que notre ministre de l’environnement nous prend pour une bande d’imbéciles!

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