Par la grande porte
C’est par la grande porte que l’environnement est entré dans la campagne électorale fédérale au cours des derniers jours. Mercredi dernier, le chef néo-démocrate, Jack Layton, a déclaré que son parti abolirait les subventions fédérales aux compagnies gazières et pétrolières. De ces milliards économisés, la moitié serait consacrée au développement d’énergies renouvelables.
Un autre 500 M$ irait dans un fonds pour soutenir les emplois de «l’économie durable». Le restant, 500 M$, retournerait dans les coffres fédéraux. Puis, dimanche, le Parti libéral a dévoilé sa plate-forme électorale. Elle propose la poursuite sur plusieurs années d’un programme de rénovations domiciliaires écoénergétiques (les conservateurs en proposent également la prolongation, mais pour une année seulement).
Sur le front des changements climatiques, le parti de Michael Ignatieff adopte une position claire : il propose une réduction absolue des GES. Pour y arriver, les libéraux comptent mettre en place un système de plafonnement et d’échange des émissions de CO2 (marché du carbone). Les gouvernements du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Colombie-Britannique ainsi que de nombreux États américains travaillent déjà à mettre en place ce genre de programme.
Au chapitre de l’énergie renouvelable, les libéraux proposent de quadrupler la production d’ici 2017. C’est une nécessité étant donné que l’économie mondiale se tourne de plus en plus vers ce secteur et que le Canada a pris un sérieux retard au cours des dernières années.
Les libéraux, par contre, n’ont pas de proposition quant au développement des transports durables. Il s’agit là d’une belle occasion manquée. En effet, les gens veulent voyager de plus en plus, et la création d’un mode de déplacement durable est clairement un secteur de pointe très porteur. Fait à noter, le premier ministre Jean Charest n’a pas hésité à plonger dans la campagne à ce sujet. Il a demandé à tous les partis politiques de s’engager en faveur d’un TGV dans le corridor Québec-Windsor.
Le Parti conservateur, lui, a annoncé une garantie de prêt de 4,6 G$ pour la réalisation d’un câble sous-marin qui permettra d’acheminer vers la Nouvelle-Écosse et la Nouvelle-Angleterre l’hydroélectricité du Labrador. Le Bloc québécois ainsi que le gouvernement du Québec s’y opposent fortement. Le Québec, en effet, n’a jamais bénéficié d’un seul sou du fédéral pour développer sa propre énergie hydroélectrique.