Un bras de fer de 20 G$

Jeudi dernier, au terme d’une rencontre avec le grand patron de BP, le président Obama annonçait que la pétrolière allait mettre de côté 20 G$ pour dédommager les victimes de la marée noire. Au pays de l’oncle Sam, la loi limite à 75 M$ la responsabilité totale des compagnies dans pareille situation!

C’est donc dire l’ampleur de la «victoire» remportée par le président états-unien sur une des plus grosses compagnies au monde. Le fait que la fuite au fond du golfe du Mexique n’est pas encore totalement colmatée ne devrait pas nous faire oublier cet accomplissement.

Le principe du pollueur-payeur est une des pierres d’assise du développement durable. C’est clair et net : celui qui pollue doit payer pour réparer les pots cassés. Pourtant, chacun sait que souvent, très souvent même, les grandes compagnies (et les moins grandes) ne paient rien pour les torts qu’elles ont causés. Par exemple, les grandes pétrolières responsables de l’exploitation des sables bitumineux ne paient rien pour les millions de tonnes de GES qu’elles rejettent dans l’atmosphère.

Pendant ce temps, les automobilistes de la grande région de Montréal paient une taxe de 2,5 cents le litre sur l’essence. Cette taxe n’est pas mauvaise; son produit va à l’amélioration du transport public et au  financement des programmes d’efficacité énergétique. Mais en toute justice, si le simple citoyen doit payer pour la pollution qu’il génère, alors les entreprises privées, dont certaines sont richissimes, doivent le faire aussi!

Je n’essaie pas d’utiliser la victoire du président Obama pour condamner l’entreprise privée. Plusieurs d’entre elles font des efforts sérieux et sincères pour embarquer dans le bateau du développement durable. Mais il y a aussi tout un secteur qui résiste farouchement; la plupart des pétrolières sont de ce nombre. Comme le rappelle l’astrophysicien Hubert Reeves, il n’est pas clair à ce jour qui de ces deux clans va remporter la victoire.

Au «pays de la libre entreprise», le geste du président Obama rappelle que l’État peut encore servir la justice et l’équité. 

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