Climat: Québec cherche à prendre sa place

En tournée estivale dans les vieux pays, le premier ministre Jean Charest a ouvert un nouveau front de lutte pour contrer le réchauffement climatique : celui de la reconnaissance des États fédérés (provinces, États, régions) comme étant des interlocuteurs de premier plan au prochain sommet de Copenhague sur le climat, en décembre prochain. Le premier ministre québécois exige même une place pour le Québec dans la délégation canadienne à Copen-hague et pour l’élaboration de la position fédérale.

Il s’agit là d’une excellente nouvelle. Plusieurs provinces, au premier chef le Québec, affichent des positions qui sont susceptibles de faire avancer le processus de Copenhague. Le Québec, l’Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique sont à l’opposé des positions rétrogrades de Stephen Harper qui, au nom d’une idéologie qui oppose encore environnement et économie, cher-che à gagner du temps pour aider les pétrolières et autres industries polluantes.

Le bonnet d’âne au Canada
En Europe, le Canada fait jaser. Un mémorandum français soumis à la réunion des ministres de l’Environnement de l’Union européenne à Luxembourg affirme que les propositions du Canada pour lutter contre le réchauffement du climat ne sont «pas à la hauteur».

Et pour cause, le Canada ne veut même pas honorer le consensus de Bali, suivant lequel les nations riches devraient réduire leurs émissions de 25 % à 40 %, soit sous les niveaux de 1990, d’ici 2020. Cette fourchette de pourcentage représente l’effort à consentir pour éviter que la crise ne s’emballe et devienne incontrôlable.

Pire encore, Ottawa retarde, encore une fois, l’adoption de son cadre réglementaire de lutte contre les changements climatiques. Les entreprises canadiennes ne seraient donc pas con-traintes de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2012, voire 2016… N’importe quoi!

L’initiative de M. Charest est donc de bon augure. Cependant, si le premier ministre du Québec veut y aller de tout son poids, il serait bien avisé de prendre les devants en établissant, pour le Québec, un objectif de réduction des GES d’au moins 20 % sous les niveaux de 1990 d’ici 2020, à l’image de l’Union européenne. Il n’y a rien comme prêcher par l’exemple. 

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