Energy and Climate Bill aux États-Unis: un bon en avant

Vendredi dernier, 26 juin, le Congrès des États-Unis a adopté l’Energy and Climate Bill. Ce projet de loi devra être approuvé par le Sénat avant de devenir une loi en bonne et due forme. Pour la toute première fois dans l’histoire de ce pays, un document fixe une cible de réduction des émissions de GES : -17 % en 2020 (par rapport aux niveaux de 1990) et -80 % en 2050. Sur la base d’un plafond d’émissions qui diminue d’année en année, il établit un mécanisme de marché pour la vente et l’échange de crédits de carbone, un peu à la manière du système européen.

Selon ce projet de loi, le pays devrait consommer 20 % d’électricité verte d’ici 2020. Il n’est pas clair cependant si l’«électricité verte» englobe celle produite par les centrales nucléaires. Le projet de loi prévoit aussi une somme annuelle pour compenser le fait que la hausse des prix de l’énergie entraînera des pertes de revenus.

Le projet de loi Waxman-Markey (du nom des deux représentants au Congrès qui l’ont présenté) comprend également plusieurs mesures incitatives visant la «décarbonisation» de l’économie, qui «pourraient entraîner de profondes modifications au sein de plusieurs secteurs de l’économie tels que la production d’électricité, l’agriculture, la production industrielle et la construction». (New York Times)

Pas d’unanimité
Quarante-quatre démocrates ont voté contre le projet de loi; huit républicains ont voté pour. Parmi les opposants, un progressiste bien connu, Dennis J. Kucinich, démocrate de l’Ohio, l’a critiqué parce qu’il faisait la part trop belle à l’industrie du charbon.

On pourra légitimement être déçu par la faiblesse des objectifs de réduction fixés pour l’horizon 2020, soit 5 % de moins par rapport au niveau de 1990, l’année de référence définie par Kyoto. Les scientifiques de l’ONU demandent une réduction de 25 à 40 % pour cette période. L’Europe s’est engagée à des réductions de 20 % pour 2020, et de 30 % si les autres joueurs majeurs suivent.

Malgré tout, on a l’impression que Barack Obama a donné son 110 %, compte tenu des rapports de force qui sont en jeu. Tout un contraste avec le sabotage continuel auquel se livre le gouvernement de Steven Harper en ce qui concerne le climat.

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