Chicane autour du parc à chiens
Le dossier de l’aire d’exercice canin (AEC) du parc Liébert a connu plusieurs rebondissements depuis 2009, date à laquelle des citoyens, résidant en face, se sont plaints de nuisances passées les heures d’ouverture.
Depuis ce jour, l’ombudsman de Montréal recommande dans chaque édition de son rapport annuel de fermer l’AEC ou de la relocaliser. Une chose que refuse l’administration en place.
Pour tenter de calmer le jeu, l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM) a mandaté, en 2012, la firme Léger Marketing pour réaliser un sondage auprès des citoyens. 83 % des personnes interrogées étaient favorables au maintien, 7 % étaient défavorables et 10 % n’avaient pas d’opinion sur la question.
Deux ans plus tard, les usagers de l’aire restent fermes sur la question.
« C’est un bon parc à chiens, estime Noémie Tardif, résidente du quartier. C’est toujours très propre et les gens sont accueillants. C’est une belle façon de sortir à l’extérieur et de rencontrer du monde. »
Tentatives de conciliation
Depuis les plaintes déposées par quelques citoyens du secteur, l’arrondissement a avancé la fermeture d’une heure et a fait installer, l’an dernier, un système de verrouillage à distance.
« Le système automatique de porte a fonctionné à peu près deux semaines depuis un an. Cela a coûté entre 18 000 $ et 20 000 $ et c’est tout le temps brisé. Pour le prix que cela a coûté, c’est scandaleux », indique un citoyen venu interpeller le maire lors du dernier conseil d’arrondissement.
Au parc, certains usagers de l’AEC ont le même avis.
«Si les gens veulent rentrer, ce n’est pas un système de verrouillage qui les en empêchera, indique une résidente du secteur, qui se rend au parc quatre fois par semaine avec son Doberman. La petite clenche sur la deuxième porte est bien plus utile. C’est fou d’avoir dépensé une telle somme pour cela. À mon avis, le terrain de baseball est bien plus dérangeant au niveau du bruit que l’aire pour les chiens. Ce serait vraiment dommage de la fermer. »
Le maire, Réal Ménard justifie cette dépense.
« On avait choisi de faire un équipement qui se barre à distance une fois les heures d’ouverture passées, pour s’assurer que les gens ne fréquentent plus l’AEC en dehors des heures autorisées », indique-t-il, assurant vouloir trouver un équilibre entre les différentes parties.
Une issue à déterminer
La solution ne semble pas encore avoir été trouvée pour une parfaite entente.
« La semaine dernière, j’ai encore reçu une lettre de l’ombudsman qui m’indique qu’elle va mettre dans son rapport que l’on n’a pas collaboré dans le sens de leur recommandation, indique Jacques Savard, le directeur de l’arrondissement. Ce qui est vrai, car on n’est pas tout à fait d’accord avec elle, mais on est rendu à l’étape où l’on va lui répondre que l’on a fait tout ce qui était possible dans le but de régler la situation. Cependant, on entend maintenir l’aire d’exercice ouverte. »
Le maire ne souhaite pas céder pour le moment, mais il demande la coopération de tous.
« On va réparer la porte brisée, mais il y a un seuil au-delà duquel on ne pourra pas investir continuellement. On veut maintenir l’aire d’exercice ouverte, mais il faut que les gens respectent les heures d’ouverture. C’est sûr que pour la famille qui entend aboyer à une heure du matin, ce n’est pas agréable. J’espère que la collaboration des gens sera au rendez-vous », conclut M. Ménard.
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