Discours contradictoires d’Obama sur le retrait d’Afghanistan
Le président américain Barack Obama a effectué une visite éclair mardi en Afghanistan, où il a dit une chose aux Afghans et son contraire aux Américains. Alors qu’il tentait de rassurer Hamid Karzai que les américains n’avaient pas l’intention d’abandonner l’Afghanistan à son sort, Obama a insisté devant les électeurs américains, qui en ont marre de cette guerre qui dure depuis douze ans, que c’était bel et bien la fin.
«Après près d’une décennie sous le nuage noir de la guerre, nous pouvons voir la lumière d’un jour nouveau», a affirmé M. Obama. Il en a profité pour saluer le courage et le travail des troupes américaines, et a terminé son discours résolument tourné vers les États-Unis. «Alors qu’on sort d’une décennie de conflit à l’étranger et d’une crise économique à domicile, il est temps pour nous de renouveler les États-Unis» a-t-il insisté dans l’adresse à ses compatriotes.
Pourtant, une entente conclue à minuit heure locale entre Obama et Karzaï décrit autrement les relations entre les deux pays après la fin de la mission de combat en 2014 et le retrait des 88 000 hommes de troupes. Elle prévoit une ingérence prolongée des États Unis pour la prochaine décennie dans les questions d’économie et de sécurité du pays et le soutien américain dans le développement de routes, la construction d’écoles et la formation des troupes afghanes.
L’accord ne prévoit aucune présence militaire ou dépense spécifique des États-Unis en Afghanistan. Mais il donne à Washington la possibilité de maintenir des troupes dans le pays après la fin de la guerre pour trois raisons précises : poursuivre l’entraînement des forces afghanes, mener des opérations ciblées contre les militants d’Al-Qaïda et garder un œil sur l’Iran.
Ce n’était pas par hasard que Barack Obama se trouvait mardi en Afghanistan, le premier terrain d’opération de l’Armée américaine après les attentats du 11 septembre. En atterrissant à Kaboul, Obama rappelait aux Américains qu’il était le président américain qui avait réussi à mettre un terme à une guerre, que beaucoup considérait comme perdue d’avance, en éliminant la menace que représentait Ben Laden. Son rival républicain, Mitt Romney l’a d’ailleurs accusé d’essayer de tirer profit du bref sentiment d’unité nationale qui a suivi l’annonce du décès du chef d’Al-Qaïda.