Fou, fou, fou
Ça a l’air qu’on est tous fous! Quand on pense démence, on pense vieux monsieur avec une grenouille prise dans ses cheveux, habillé avec un gros manteau de poils, qui chante de l’opéra italo-russe-bruits de bouche au square Berri. Pas faux. Mais pas que ça.
Check ben la twist!: «Elle (la démence) réduit la capacité à apprendre, à retenir ou à se rappeler des expériences passées et cause également un trouble des pensées, sensations et activités.»
Ça vous dit de quoi? Un robot qui fonce dans un mur, recule de deux pouces, refonce dans le mur, recule de deux pouces, refonce dans le mur. En tout cas, malheureusement, perso, ça me parle.
Combien de fois – combien! – je me suis dit : «Bon, là ça va faire! C’est fini! Pu jamais!!» Pour finalement me retrouver dans même maudite situation, même maudite impasse.
Exemple cute: cliquer 30 fois sur «Accueil» sur ta page Facebook, relire les mêmes statuts, et espérer autre chose comme finalité qu’un ennui total. Ça, c’est de la petite démence. Autre exemple: être constamment dans le même genre de relation, avec le même type de personnes, s’en plaindre, mais pas changer l’élément qui ferait une différence, qui tasserait le mur. Bref, soi-même. «C’tous des trous de cul!» «C’toutes des folles!» Ben oui! Pis nous autres, on est des saints incompris! Bullshit. On est des robots fous qui chantent de l’opéra italo-russe!
La démence, c’est allumer sa télé à 1h47 du matin et espérer qu’il y a quelque chose de bon. Y a JAMAIS rien de bon à 1h47 du matin! C’est ouvrir son frigidaire pour la septième fois dans la journée, et espérer que de la bouffe est apparue entre-temps, sans qu’on ait eu besoin de sortir notre gros cul aller en acheter! C’est changer le système de notation dans les bulletins et espérer que les jeunes vont arrêter de décrocher. C’est faire la même job plate et espérer devenir heureux quand on va avoir le bureau à côté de la fenêtre. Démence!
La consolation: on n’est pas des robots et on chante pas de l’opéra au square Berri. On peut tasser le mur, ou se tasser du mur. C’est quand même une belle liberté, faut juste la prendre. Mais je vais tellement quand même regarder une dernière fois dans mon fridge avant de sortir… Tête de cochon fou.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.