Appelle Google, il va te dire ça
Je google, tu googles, il/elle google… Ça s’en vient! Dans quelques années, on va avoir la page du verbe «googler» dans le Bescherelle.
En fin de semaine, j’ai fait de la bouffe. Chose rare. J’ai voulu me faire mon dessert préféré, du pouding chômeur. Eh oui, je suis old school et de base comme ça. Je me lance. À un moment, j’ai eu un doute sur les quantités. Réflexe automatique: taper dans Google «recette pouding chômeur». En deux secondes, j’ai tout ce qu’il me faut.
Ironie du sort, à la télé passe un reportage sur les animaux intelligents: singes, dauphins, orques, etc. Le thème: comment le savoir est-il transmis des plus vieux aux plus jeunes?
Dans ma jeune jeunesse, c’était ça. Animal, de base. La jungle, non Google. Si je ne savais pas comment me rendre dans un coin de la ville inconnu, ma mère me disait: «Appelle ton oncle, il va te dire ça.» T’appelais un oncle qui avait déjà travaillé dans ce coin de la ville dans l’temps. Il te donnait des explications agrémentées de rues, de points de repère douteux puis d’anecdotes savoureuses: «Une fois en allant à job, j’étais tellement paqueté de la veille que j’ai pissé dans le parking… sur le char du boss.» T’avais ton chemin, un contact humain pis une histoire. Bon deal.
Même chose pour des questions de recettes ou de soins de santé. T’appelais une tante, une grand-mère. Elle te donnait toutes les infos dont t’avais besoin, plus des nouvelles de tous les autres membres de la famille. Fallait juste savoir arrêter la conversation avant les anecdotes sur le chat.
Même pour l’expérience de vie, de couple, d’être parents, des déprimes, des peurs, tu peux trouver de sages conseils dans des articles, des forums de discussions. C’est juste qu’au lieu de faire une caresse après à ta grand-mère, t’écris: «Merci beaucoup Papillon_98.»
Comment veux-tu que nos oncles ou nos grands-parents suivent la compétition? La semaine passée, sur la page de Google, tu pouvais jouer de la guitare avec ta souris! Tsé, un moment donné, le choix devient évident.
C’est une triste époque pour être vieux. Le plaisir et le sentiment du devoir accompli, du partage des connaissances… terminé. Comme Wal-Mart avec les petites boutiques indépendantes, Google a mangé nos vieux.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.