Prendre le Québec par le panache

Y’est-tu trop tard pour que je donne mon opinion sur les élections? En avez-vous assez lu et entendu?

Je suis en retard sur tout le monde. Même l’énervé de Call TV a pu se prononcer avant moi : «On regarde la carte du Canada et on cherche un tigre orange!» Le bon côté, quand on est en retard, c’est qu’on a du recul.

Pendant la semaine, j’ai lu, jasé, débattu, espéré, désespéré, relu, redit, remâché, réorienté, mais j’ai fini à mon point de départ. Mon recul ne sert à rien finalement, ma position reste la même que le soir des élections. «À c’t’heure qu’on a pu la nounou qui nous protège, on n’aura pas le choix de devenir des adultes!»

Au référendum de 1995, j’étais un p’tit cul. À part le fait de pouvoir crier liberté, pis d’avoir une fleur de lys bleue sur la joue, je ne voyais pas trop l’enjeu global. Même en vieillissant, ma position restait floue. Le patriotisme me faisait peur. Il rend souvent les gens débiles, aveugles et haineux pour rien. Ado, c’est tout ce que je voyais, du patriotisme. C’était peut-être ma coupe champignon, pis le gel qui m’aveuglait, allez savoir.

Puis les années passent. Un peu de cégep, un peu de lecture ici et là. Ma position n’est pas tout à fait claire encore. Puis un jour, LE jour. Je regarde le documentaire de Denys Arcand Le confort et l’indifférence en ligne sur le site de l’ONF. Je suis sur le cul. Trois ans avant ma naissance avait eu lieu un tour de manipulation malsaine, de propagande de la peur et de désinformation tellement violente. J’avais envie de péter mon ordi. Petit regard sur 1995, idem.

Un non de peur, de désinformation, de manipulation, n’est pas un vrai non.

Se séparer? Plutôt avancer. Au-delà de l’identité, il y a les valeurs et les objectifs communs. La paix sociale, une économie équitable, l’environnement, ce sont des valeurs qui dépassent les origines et la langue. Si on peut devenir un pays indépendant fort et pousser au maximum ces valeurs, cette vision du monde, on pourrait devenir un modèle, un point de repère pour la planète entière. «Imagine», qu’il chantait. C’est ça le gros projet, mais faut commencer quelque part. Pourquoi pas ici?

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.