Bonne année pour vrai

Je vous souhaite une bonne année!! Un vrai souhait. Pas une petite bonne année sophistiquée de courtoisie. Pas une bonne année chuchotée dans le coin de l’oreille, suivie d’un bec dans le vent. Fuck le vent. On donne assez au vent dans l’année, des amours déchus, des projets interrompus, de l’argent perdu. Nos becs, il les aura pas le maudit.

En vrai souhait, crié trop fort, trop généreux. Comme dans l’temps. À l’époque où les années étaient chargées en aventures, en batailles, en survie.

À l’époque où fallait se remplir les poumons et se bomber le thorax. Crier haut et fort «BONNE ANNÉE!» question de prendre le dessus sur les tempêtes à venir. Quand tu vas à guerre, tu ne donnes pas une tite tape amicale sur les fesses. Tu défonces les omoplates jusqu’à en couper le souffle.

C’est comme ça que je vous la souhaite! Une bonne année forte, généreuse, remplie de courage. Le succès, les amours, c’est souvent le résultat de choix qui demandent du courage. Alors, on s’en souhaite un camion obèse de courage. On se peint le visage en bleu, on met notre kilt et on fonce!

Il paraît que lorsqu’on est jeune, on est certain de savoir ce qu’on veut. Et qu’une fois vieux, on ne sait plus ce qu’on veut, mais on sait ce qu’on ne veut plus. J’aime ça. À l’école, dans les examens à choix multiples, je fonctionnais ainsi, par élimination. Alors courageusement, éliminons. Charest out! Job de cul out! Amour déchu out! Vices trop présents out! Le gars des pubs de ShamWow out! Il fait peur à mes nièces. 

Parenthèse. Ma certitude de jeunesse frôlait la folie. «Pourquoi je veux pas sortir avec toi? Ben parce que je nous vois pas avoir d’enfants ensemble, donc, on perdrait notre temps puisque la rupture est inévitable.» Quel âge j’avais? 14 ans. Quel con! Inquiétez-vous pas, je me suis rattrapé, j’ai été tannant quelques années plus tard. Pas trop… OK des fois un peu trop. Faut que jeunesse se fasse comme on dit.

Revenons aux souhaits. Tous ceux qui souhaitent des fausses bonnes années, des bonnes années remplies de jalousie, de jugements… étirez-vous, prenez un élan et sacrez-vous votre pied dans le fond de la gorge. Plus creux. Merci. On est entourés d’assez de mensonges,
on n’a pas besoin de faux souhaits.

Pour les autres, on ouvre grand les bras, on bombe le torse et on s’en souhaite une belle grosse! Ou plutôt, une belle enveloppée. Je veux pas que mon année me boude en partant.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.