Mon nouvel ami
«J’aime votre bon sens, Monsieur Lefebvre, et vous ne faites pas dans l’insipidité comme le font une certaine catégorie de journalistes et d’humoristes amuseurs publics.»
Quand les grands esprits se rencontrent! Cette phrase flatteuse est tirée d’un mail que j’ai reçu en réaction à mes chroniques «Ma rencontre avec Jésus» et «ERRATUM». Non de la part de faibles d’esprit comme vous, les p’tits étudiants, les travailleurs, les vieillards. Non madame! Ce compliment vient d’un grand! D’un sage! D’un Assistant-Guide Prêtre Raëlien! Quand les grands esprits se rencontrent…
Je n’aime pas décevoir les lecteurs. Il aime mon bon sens et ma pertinence? Pertinence et bon sens il aura. J’ai juste peur qu’il ne m’appelle pas à Noël. C’est triste, j’aurais aimé avoir un fotus cloné dans du formol avec un beau ruban rouge.
Mon collègue de la lucidité a aimé que je varlope l’Église catholique. «… lorsque, en des temps où il était plus délicat pour la réputation et la sécurité financière d’une personne publique de dénoncer les incohérences et les exactions de l’Église, nous (raëliens) dénoncions sur la place publique l’imposture catholique.» Dénoncer pour la vertu de la vérité et de l’évolution? Ou pour remplacer un dogme par un autre? Mon ami raëlien veut qu’on le remercie d’avoir dénoncé un concessionnaire qui vendait des citrons, mais ensuite, il voudrait qu’on achète ses tapis volants.
Mon partenaire de la vérité termine son mail ainsi : «… lorsque vous serez amené à commenter l’air du temps, le regard que posera votre plume sur nos dires sera-t-il le reflet de votre conscience et de votre intégrité ou celui de la pression sociale et des exigences de votre patron?» Si j’attaque l’Église catholique ou une autre religion, je suis intègre et doté de bon sens. Mais si j’attaque les raëliens, je suis un suiveux soumis? Bref, bitche les autres, mais bitche-moi pas. Je pense que je viens de me faire un best friend.
Voici le regard de ma plume sur vos dires raëliens. Libre de toute pression sociale, patronale ou frontale. Qu’est-ce qui se passe si un concessionnaire, un commerçant ou une compagnie manipule, ment ou vole? La justice, bref le bon sens commun, punit, envoie en prison. De tout mon cour de jeune homme un peu sensé, au nom des humbles étudiants, travailleurs et vieillards, je souhaite qu’un jour, le bon sens commun envoie les voleurs de raison comme vous en prison. C’est réfléchi, assumé, pesé. Votre ami.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.