Sortie de Lucien Bouchard: une affaire de famille
Lucien Bouchard est sorti de son mutisme. Lui qui au moment de l’élection de 2007, avait dit ne pas vouloir jouer le rôle de belle-mère à un moment intense de la vie collective a finalement livré le fond de sa pensée. Invité à partager sa vision des grands moments de la politique des 100 dernières années, l’ancien premier ministre n’a pas été complaisant envers le PQ et sa chef.
Les propos que Mme Marois a tenus à l’égard du Rapport Bouchard-Taylor ont sûrement contribué à délier la langue de l’ancien premier ministre. Clairement heurté, l’homme de famille a voulu défendre son frère, Gérard Bouchard. Il affirme que la position identitaire du PQ est trop radicale. Rien pour aider le Parti québécois et sa chef. Il en a rajouté en affirmant que le projet souverainiste est irréalisable.
Lui qui avait toujours refusé d’intervenir dans le débat public, outre sa contribution au manifeste des Lucides, a décidé de faire ce qu’il n’avait pas apprécié durant son passage en politique : jouer les gérants d’estrade. Il s’est toutefois bien gardé de livrer son évaluation des sept dernières années du gouvernement. C’est pourtant Jean Charest qui a les deux mains sur le volant. Sur le fond des choses, il est vrai que la Révolution tranquille a été un grand moment de l’histoire du Québec. Sans être nostalgique, le Québec bénéficierait d’un projet mobilisateur qui s’inspirerait de l’énergie qui régnait à l’époque. M. Bouchard ne semble toutefois pas posséder la clé de ce rêve qui animerait la population au XXIe siècle. Il fait les bons constats. Il invite les Québécois à s’atteler à la tâche pour relever les défis de l’éducation, de la santé et des finances publiques. Là se limite son apport…
La famille péquiste n’a pas toujours été tendre envers son ancien chef. Il avait même été hué lors de la soirée où l’on a choisi André Boisclair à la tête du parti. Les déclarations de cette semaine permettent de croire que la vraie famille de M. Bouchard n’est probablement pas celle du Parti québécois. D’ailleurs, à en croire les députés péquistes qui ont osé réagir à ses propos, le divorce semble consommé. Quelle famille!