Crise électorale

Il ne faut pas regarder longtemps autour de nous pour constater que la vague de mauvaises nouvelles économiques se rapproche du Québec. Je ne veux pas être alarmiste, mais il est clair que la situation est loin de se stabiliser. La Chine a annoncé un important programme d’investissement dans les infrastructures du pays.

On y dépensera l’équivalent de 693 G$ canadiens en deux ans. Les États-Unis redessinent leur plan pour qu’il puisse correspondre davantage à la situation qui ne cesse d’évoluer. Ce ne sont plus que les banques, mais aussi les grands constructeurs automobiles, autrefois des fleurons de l’économie, qui demandent l’aide de l’État. Cette situation touche la colonne vertébrale de notre voisin. Plus de 400 000 emplois en Ontario dépendent de l’industrie automobile. Partout, on voit que la crise financière prend de l’ampleur. Toutefois, cela n’empêche pas les gens de tomber malades. Le secteur de la santé connaît aussi sa crise. À l’Agence de la santé de Montréal, on notait un taux d’occupation des civières de l’urgence de 124 % et de 127 % à Québec. À l’hôpital du Suroit, l’attente est de 18 mois pour une échographie du cour, ce qui illustre l’ampleur du problème.

Le premier ministre Charest persiste et signe : la priorité, c’est l’économie et pas la santé. Pourtant, on ne peut demander aux citoyens d’arrêter d’être malades sous prétexte qu’il y a une crise économique. Pas plus qu’on ne peut dire aux étudiants en voie de décrocher de retenir leur souffle jusqu’à la fin de la crise.

On peut espérer que nos élus soient à même de marcher et de mâcher de la gomme en même temps. Cela doit se traduire, en termes politiques, par des propositions structurantes touchant les différentes grandes missions de l’État. On ne peut penser que seule l’économie occupera le centre du débat. Une campagne à sujet unique ne peut être la solution.

L’économie doit certes retenir l’attention. L’incertitude commande que nous puissions avoir sur la table le meilleur plan possible. On aurait préféré voir nos élus y travailler conjointement à l’Assemblée nationale… mais c’est une autre histoire.

Cette question sera discutée dans un contexte électoral. Cela dit, il faut passer à travers la crise, mais il faut aussi se demander ce qu’il y aura après. Jean Charest semble oublier que la vision à long terme peut influencer les choix qui seront faits à court terme.

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