Le Montréal mixte

Photo: Collaboration spéciale

Depuis mon arrivée à Montréal, j’ai festoyé lors de plusieurs mariages mixtes. Des fêtes insolites où les destins de Québécois d’origines diverses se sont scellés.

Le 5 mai, j’ai été convié à l’une de ces alliances. Une jeune Québécoise d’origine vietnamienne et de confession bouddhiste a uni sa destinée à celle d’un jeune Québécois d’origine algérienne et de confession musulmane.

En ce samedi radieux, je me suis donc retrouvé dans une salle de cérémonie sur Jean-Talon, coin Querbes. L’union civile a été célébrée devant une vingtaine de convives. Du côté de la mariée, il y avait sa famille québéco-vietnamienne ainsi que des amis cambodgiens. Du côté du marié, sa tante et sa cousine représentaient sa seule famille proche installée ici. Le reste de ses invités était composé de sa famille d’adoption, soit de ses amis d’origines algérienne, marocaine, tunisienne, indienne, guinéenne et brésilienne. Cet après-midi, on a jasé en plusieurs langues dans une joie immense.

Durant la cérémonie, je me suis rappelé ma première fois comme témoin de la mariée. C’était il y a quelques années au Palais de justice, dans le Vieux-Montréal. La mariée, une amie québécoise d’origine marocaine – avec qui j’avais partagé l’aventure de l’immigration depuis notre autre planète jusqu’à notre arrivée ici –, avait lié son destin à celui d’un Québécois de «souche».

Dans la salle, il y avait la parenté du marié qui avait débarqué en grand nombre de sa région, au nord de Québec. Du côté de mon amie, il y avait des Québécois de toutes origines : Amérique latine, Asie, Europe et Afrique. Le soir, on s’était ramassés dans un restaurant vietnamien quelque part sur Duluth. Il avait fallu quelques minutes pour que les deux blocs brisent la glace et se mettent à jaser à voix haute. Une vraie découverte de l’autre!

Soudain, une voix m’a extir­pé de ma rêverie, celle de la maîtresse de cérémonie, une notaire d’origine roumaine, qui a officialisé l’union civile. Puis, il y a eu deux discours émouvants des mariés en français, en anglais et dans leurs langues maternelles.

Durant le cocktail de célébration, je me suis replongé dans une autre cérémonie. Celle-là a eu lieu à l’été 2002, l’année de mon arrivée. Je m’étais alors retrouvé dans un restaurant marocain sur Décarie, au milieu de convives, là aussi, des quatre coins de la planète. On avait fêté dans l’allégresse le mariage d’une amie algérienne avec un compatriote marocain. Une union où s’étaient mêlées les traditions maghrébine et occidentale. Ce fut mon premier mariage algéro-marocain. Une célébration des mille et une nuits en plein Montréal. Il a fallu patienter pour la vivre ici, loin de notre Maghreb divisé!

Encore une fois, les flashs des appareils photo et autres téléphones intelligents m’ont extirpé de mon deuxième songe pour me ramener à la cérémonie en cours sur Jean-Talon. Il fallait immortaliser l’événement pour poster les photos et vidéos la journée même à la maman du marié en Algérie.

Le soir, tous les invités du couple québéco-vietnamo-algérien ont rallié un buffet indien sur René-Lévesque. Comme quoi, au Québec, tous les chemins mènent à René Lévesque!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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