Masquer la puanteur de Montréal

Si vous connaissez quel-qu’un qui a déjà travaillé de près ou de loin à la Ville de Montréal, vous allez finir par en connaître un qui s’est fait arrêter par l’UPAC ou par l’escouade Marteau, ne serait-ce que cette semaine dans le cadre de l’opération Faufil.

Ouain. Les faces doivent être longues sur certains terrains de golf ces jours-ci! C’est difficile de réunir un foursome quand la moitié de tes potes sont aux arrêts, ou tout simplement en fuite dans un pays d’Amérique du Sud sans traité d’extradition. Pauvre M. Catania, entrepreneur bien connu; il avait ses valises dans les bras lorsqu’on l’a cueilli. Oups. Il prévoyait partir en «vacances». Close but no cigar, Paolo.

Alors, depuis quelques semaines, l’ancien responsable des finances du parti du maire, l’ancien président d’honneur du bal du maire et l’ancien bras droit du maire, Frank Zampino, ont été arrêtés.

Hum-hum.

Vous ne pensez pas que le maire devrait avoir chaud à l’heure actuelle?

Vous ne pensez pas que tous les beaux déploiements policiers (surtout l’escouade tactique, ceux qui vargent avec des matraques comme des mongols sur les étudiants sans défense, by the way) dans les manifestations ne sont que de la belle poudre aux yeux pour faire oublier que la moitié de l’hôtel de ville est elle-même sous les verrous?

On s’entend, ces gens-là, riches et puissants, sont relâchés vite, pas de coups de matraque dans les côtes, pas de balle de plastique dans le front. Pas de prison Tanguay comme pour les p’tites filles qui ont mis des fumigènes dans le métro.

Nah. Désolé buddy, on te met les menottes, on te retire ton passeport et tu retournes dans ton condo de plusieurs millions.

Ça vous donne envie de gerber? De restituer violemment votre sangria sur le plancher de la terrasse à Outremont où vous l’avez commandée?

C’est compréhensible. Si c’est maintenant la tactique de Charest et de Tremblay que de prendre l’escouade tactique pour créer la commotion (cérébrale, souvent) pour nous faire oublier les arrestations dans leurs propres rangs, il faudra peut-être bientôt réfléchir à la façon de les empêcher de le faire. En arrêtant les manifs? Non. En se foutant des lois spéciales arrangées avec le gars des vues? Peut-être. En les sacrant dehors aux prochaines élections en votant stratégiquement? Sans aucun doute.

La question se pose : si tout l’entourage du maire est aussi pourri… pourquoi perd-il son temps à essayer d’empêcher des manifestants de se masquer? Nous laisser le droit de nous cacher le nez de la puanteur que dégagent ses bureaux serait la moindre des choses.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.