«Casseroles Partys»

Le conflit étudiant nous a déchirés. Néanmoins, il a eu le mérite de nous avoir légué le mouvement des «casseroles partys», la clé pour nous sortir indemnes de cette déchirure.

Je ne cesse de le mentionner dans mon blogue, notre climat politique est pourri.

Plusieurs de nos municipalités croulent sous le poids des scandales liés au financement des partis politiques pris en otages par l’industrie de la construction. La collusion a mis en place des mafias regroupant le monde politique, le monde syndical et le secteur privé. La Ville de Montréal en est l’illustration parfaite, avec un maire au pouvoir depuis plus de 10 ans. À Québec, neuf ans aux commandes ont rendu Charest arrogant. En plus de patauger dans le financement occulte et dans les «sales affaires» à la chaîne, il a commis l’erreur de trop : il nous a plongés dans les affres de la réactionnaire loi 78. Ça sent la fin de règne. Et puis à Ottawa, Harper a désormais les deux mains sur le volant. Lui aussi traîne désormais ses boulets, comme l’affaire des F-35. Et ses conservateurs s’affaissent sous la mainmise de la droite religieuse et des pétrolières.

Ce marasme est vécu au quotidien par monsieur et madame Tout-le-monde dans la mondialisation injuste des paradis fiscaux et des salaires indécents d’une élite coupée de l’amère réalité de la crise qu’elle a elle-même provoquée.

Dans ce climat de dégoût et de rage, il faut surtout éviter la démagogie, la rancœur, l’amalgame et l’intimidation. Une réalité s’impose : notre Québec est à la croisée des chemins et doit définir son avenir. La population vieillit à vue d’œil, ce qui aura une incidence tragique sur nos finances. Un drame secoue notre école bien avant le cégep ou l’université. Ce drame se vit au secondaire, où le décrochage scolaire, surtout celui des garçons, nous saigne à petite dose. Le taux alarmant d’analphabétisme chez nos adultes est un scandale à l’ère du cyberespace. Notre système de santé, même s’il gruge la moitié de notre budget, est en train de s’asphyxier. Le dossier de l’immigration plane toujours au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès. Nos 50 000 nouveaux arrivants se démerdent ad nauseam dans un marché de l’emploi biaisé, comme l’a démontré la dernière étude de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Et j’en passe!

Il nous faut une mise à niveau globale. Cet éveil nous concerne tous, et pas uniquement le gouvernement en place. Il nous faut un débat de sages auquel prendraient part toutes les forces vives de la nation : les partis politiques, les syndicats, la société civile et les meilleurs parmi nous dans tous les domaines. Et cela, pour répondre à une seule question : quel Québec voulons-nous léguer à nos enfants? Et comment financer ce rêve?

Ce n’est pas au gré des majorités qu’on pourra avancer. Aujourd’hui, ce n’est pas la démocratie qui est en jeu, c’est la république! Il faut revoir nos façons de faire. Les «casseroles partys» peuvent donner vie à ce mouvement à la québécoise, où les solidaires et les lucides marcheront main dans la main, dans un modèle populaire qui rend possible une vision du «vivre ensemble» collective, solidaire, lucide et démocratique, par opposition au chacun-pour-soi prôné par le marché.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro

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