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L’Égypte après le Printemps arabe en 10 points

Dimanche dernier, les Égyptiens ont entamé un long processus pour élire un nouveau Parlement. Retour sur les événements d’une révolte avortée.

1.

Fin janvier 2011, dans la foulée du Printemps arabe, une première manifestation envahit la place Tahrir, au Caire, en protestation au président égyptien Hosni Moubarak et les 60 ans de pouvoir absolu des militaires.

2.

Deux riches monarchies arabes entrent en scène: l’Arabie saoudite pour contrer ses ennemis les Frères musulmans et le Qatar, le protecteur des Frères musulmans en exil, pour contrer les Saoudiens.

3.

Après 18 jours de révoltes populaires, le 11 février 2011, Hosni Moubarak quitte le pouvoir. Le Conseil suprême des forces armées assure la transition.

4.

Le 10 janvier 2012, les Frères musulmans remportent les élections législatives. Une nouvelle Assemblée du peuple voit le jour. Le 17 juin 2012, le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, est élu président. L’été suivant, Morsi nomme Abdel Fattah Al-Sissi ministre de la Défense.

5.

À l’automne 2012, Morsi suscite un buzz médiatique, pas seulement à cause de son décret qui lui a conféré des pouvoirs quasi absolus, mais aussi parce qu’il a fait la couverture du Time avec le titre envieux de «l’homme le plus important au Moyen-Orient».

6.

Le 22 décembre 2012, l’Égypte adopte une nouvelle constitution très controversée. Le 30 juin 2013, des manifestations monstres ont lieu contre le président. Un mois après, Morsi est arrêté à la suite d’un coup d’État militaire contre le premier président élu démocratiquement en Égypte. De facto, Al-Sissi s’empare du pouvoir.

7.

Le 14 août 2013, l’armée disperse une manifestation pro-Morsi au Caire, faisant des centaines de morts. Le 4 novembre 2013 s’ouvre le procès de Mohamed Morsi. Le 25 décembre 2013, les autorités égyptiennes déclarent les Frères musulmans, organisation terroriste.

8.

Les 14 et 15 janvier 2014, les Égyptiens votent une nouvelle Constitution qui annonce l’élection présidentielle de mai 2014. Al-Sissi est propulsé seul maître à bord dans un pays où aucune opposition digne de ce nom n’est tolérée depuis le renversement de Morsi.

9.

Bassem Youssef -un Jon Stewart arabe- né avec la révolution égyptienne. Il tient la barre d’Al Barnamaj, une émission hebdomadaire satirique qui a battu tous les records d’audimat. En 2013, le Time le nomme parmi les «100 personnes les plus influentes au monde». Même les Frères musulmans au pouvoir n’ont pas réussi à intimider le «clown du Caire». Mais avec l’arrivée d’Al-Sissi, il est banni des ondes!

10.

Dimanche 19 et lundi 20 octobre 2015, les Égyptiens entament un long processus pour élire un nouveau Parlement. Le président Al-Sissi est très populaire, car les Égyptiens le considèrent comme le seul homme capable de stabiliser le pays et de relancer son économie moribonde. Malheureusement, ce scrutin législatif se déroule en l’absence quasi totale d’opposition.