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19:48 24 novembre 2015 | mise à jour le: 24 novembre 2015 à 19:48 temps de lecture: 3 minutes

Oui, les riches doivent payer pour le climat

Oui, les riches doivent payer pour le climat
Photo: Getty Images/iStockphoto

À quelques jours de la conférence sur le climat à Paris (COP21), un récent rapport de l’École d’économie de Paris préconise de faire payer les riches en fonction de leur contribution au réchauffement climatique.

Ce rapport s’intitule Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris. Évolution de l’inégalité mondiale des émissions de CO2 (1998-2013) et perspectives pour un financement équitable de l’adaptation. Et l’un de ses deux auteurs n’est nul autre Thomas Piketty, l’auteur du livre événement Le Capital au XXIe siècle.

Si l’émission du CO2 est généralement pensée en termes de production, Lucas Chancel et Thomas Piketty proposent plutôt de compter cette émission en termes de consommation. En effet, l’Occident sous-traite ailleurs les productions industrielles polluantes achetées par ses consommateurs riches.

Lors de leur passage au Grand Journal à la chaîne de télé française Canal+, les auteurs de ce rapport innovant ont étayé leur argumentaire. Ils ont ainsi précisé que 10% des individus sur notre planète sont responsables de 45% des émissions mondiales de carbone.

Du 1% des riches sur notre planète qui sont des pollueurs en puissance par leur mode de consommation, 57% sont d’Amérique du Nord et 20% d’Europe. Aucun doute, les gaz à effet de serre c’est aussi un problème d’inégalité.

Ainsi, 70 millions de riches sur notre planète émettent plus de carbone que 50% des Terriens les moins fortunés.

Donc, dans une logique de pollueur/payeur, se sont les plus riches que le rapport de l’École d’économie de Paris propose de taxer et pas seulement en Occident. Car un tiers des 10% des individus qui émettent le plus de CO2 dans le monde habitent les pays émergents.

Par ailleurs, selon Lucas Chancel et Thomas Piketty, pour atténuer les effets des changements climatiques et adapter nos sociétés à ses conséquences, notre planète à besoin de 150 G€ (212 G$) annuellement.

Pour récolter cette somme nécessaire et sauver notre planète, les calculs des deux auteurs montrent qu’une taxe sur les billets d’avion suffirait. Ils proposent donc de taxer les billets de la classe affaires de 180 € (255$) et celle économique à 20€ (28$).

La proposition de Lucas Chancel et Thomas Piketty est intéressante, car elle permet de sortir de ce clivage de pays contre pays. Pour débloquer l’argent nécessaire à la lutte contre le réchauffement climatique, il serait plus facile de cibler les personnes qui émettent plus de carbone par leur mode de consommation. Partout.

La COP21 à Paris peut être la dernière chance pour que l’humanité s’engage à atténuer le réchauffement de notre terre. Si les vrais pollueurs ne paient pas, les changements climatiques causeront des guerres et le terrorisme dans un avenir très proche.

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