Le Plan Nord, un mauvais calcul
Pourquoi le Plan Nord est-il voué à l’échec?
La richesse et la croisÂsance de l’industrie minière dépendent principalement de ses exporÂtations, surtout vers les pays émergents. Le jour où le prix du baril de pétrole, une ressource limitée, sera devenu trop élevé – car la demande dépassera largement l’offre –, ce sera la fin de la révolution industrielle telle que nous la connaissons aujourd’hui. L’économie sera alors locale, développée pour des besoins locaux.
Entre-temps, notre gouvernement aura dépensé plus de 80 G$ sur 25 ans en infrastructures minières (routes, ports, aéroports, centrales hydroélectriques) pour rien! À moins, bien sûr, que vous alliez porter ces tonnes de fer et de zinc en Chine à dos d’âne. Et cela, dans l’hypothèse où la Chine, malgré un immense ralentissement économiÂque, continuerait à proÂduire en grande quantité des objets nécessitant du fer ou du zinc et où elle nous les livrerait, à son tour, à dos d’âne. Le Plan Nord n’est rentable que si vous êtes assez optimiste ou naïf pour penser que le choc pétrolier ne surviendra que dans 50 ans et plus.
Sans vous faire peur, l’Agence internationale de l’énergie prédit que le prochain choc pétrolier aura lieu dès 2014…
Je suis d’accord pour que nos gouvernements investissent 80 G$ dans l’économie, mais que cet investissement se fasse dans des domaines utiles et surtout durables.
– Frédérick Martel, Montréal