La fin et les moyens
Les divisions internes et les contestations du leadership de Pauline Marois ont beaucoup plus d’impact négatif sur la popularité du PQ que la gouvernance souverainiste. Il y a l’idéal d’indépendance que Bernard Landry partage avec des millions de personnes, il y a les stratégies déterminées par les instances actuelles du parti qui porte cet idéal. On est sur deux niveaux fort distincts : l’un est rassembleur, l’autre occasionne souvent des divisions.
Depuis 1956, je suis fermement convaincu que le destin du Québec n’est pas dans l’ensemble canadien. Cependant, les Québécois se sont dit non à deux reprises. Depuis lors, les instances du PQ ont donc essayé de peaufiner des stratégies aptes à «vendre» la nécessi-té de l’indépendance dans un éventuel référendum gagnant. À part Johnson et Boisclair, tous les chefs du PQ, y compris Mme Marois, ont visé et visent réellement l’accession du Québec au statut de pays, chacun y alÂlant de ses propres stratégies.
En cette année électorale, Mme Marois (et le PQ) a surtout grand besoin de l’appui de tous ceux et celles qui croient au destin d’un Québec indépendant (la fin). Sans oublier que les stratégies actuelles (les moyens), faut-il le rappeler, ont été adoptées majoritairement dans une instance tout à fait démocratique du PQ.
Sans vouloir calquer les membres et députés libéraux, contraints au silence sur tout ce qui se passe à l’intérieur de leur parti, les gens du PQ auraient grand intérêt à serrer les rangs autour de leur chef. Et, adaptation d’un slogan populaire, un parti uni ne sera jamais vaincu.
– Normand Breault, Montréal