Le PQ et l'anglais

«Il faut faire reculer l’anglais, dit Marois. L’inaction de Charest risque de « semer le désordre » à Montréal», titrait Le Devoir. Complètement incohérent : il ne peut y avoir de pouvoir linguistique et politique sans un minimum de souveraineté économique. L’ONU et l’OMC mettent continuellement en garde les nations contre les risques de «recolonisation» par les transnationales étrangères qui achètent les firmes locales. Elles disent que l’État doit intervenir pour protéger ses leviers économiques, et davantage dans les petits pays.

Historiquement, le Parti québécois (PQ) n’a rien fait pour conserver le contrôle de nos grandes entreprises étati­ques, cruciales pour notre développement économique, et qui ont été cédées à des firmes étrangères, comme Provigo, vendue à Loblaw. Que reste-t-il de Provigo au Québec? Ces deux articles résument bien l’impact dévastateur de ce délestage : «Provigo : de siège social à « centre de services » et «Loblaw dit au revoir à une centaine de petits producteurs québécois». Puis, il y a eu cet immense succès collectif, Biochem Pharma, vendu à l’Anglaise Shire, dont il ne reste plus rien au Québec. Et la minière Cambior cédée à Iamgold avec, comme résultat : «Le Québec minier déplore la perte du siège social de Cambior». Idem pour la papetière Domtar, la Bourse de Montréal, Sico, Culinar, etc. C’est par de telles mesures qu’on va faire avancer le français au Québec? Dire que le PQ, avec à sa tête Bernard Landry et Jacques Parizeau, voulait aussi privatiser Hydro-Québec et la SAQ tout en discourant sur la souveraineté… Souverain de qui et de quoi au juste quand vous ne contrôlez pas votre économie?

C’est aussi le PQ et Bernard Landry qui avaient nommé comme président de la Caisse de dépôt Henri-Paul Rousseau, qui a largué ces deux perles : «Rousseau dédramatise la propriété étrangère» et «La Caisse n’empêchera pas les prises de contrôle étrangères». Allô souveraineté! Pas mieux du côté du Parti libéral, où le ministre «Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» et a accusé de xénophobie ceux qui s’en faisaient pour ça. Eh bien, les autres ne semblent pas hésiter à être xénophobes eux, si on se fie à ces articles : «L’Europe ne s’ouvre pas aux OPA», «Japon : sus aux investissements étrangers», «Chine : un nouveau mur pour refouler les étrangers», «Washington encadrera davantage les rachats d’entreprises» et il «sera plus compliqué d’acheter des entreprises américaines».

Pour protéger notre langue, il faut renforcer, et non démanteler, nos sociétés d’État ainsi qu’en créer d’autres comme Pharma-Québec, Pétro-Québec, Éole-Québec, la Banque du Québec, etc. En passant, le président de la France, Nicolas Sarkozy, vient de créer un nouveau fonds étatique de 100 G€ afin de protéger son économie, alors que ce pays a déjà une Caisse de dépôt et consignation nettement plus grosse que la nôtre.

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