Obama, un an plus tard

Elisabeth Braw - Metro World News

Il y a un an, porté par une vague de bonne volonté autant à l’intérieur de son pays qu’à l’étranger, Barack Obama était assermenté. Aujourd’hui, il n’a l’appui que de la moitié des Américains. Quatre experts interviewés par Métro donnent leur avis sur l’an 1 d’Obama à la Maison-Blanche.

Matthew Kerbel, Professeur de sciences politiques à l’Université Villanova, en Pennsylvanie
Réforme de la santé : «Il est sur le point de faire adopter une législation qui étendrait la couverture médicale à une majorité d’Améri­cains, quelque chose que ses prédécesseurs n’ont jamais réussi. Il n’a cependant pas tenu compte des industries pharmaceutiques et du marché des assurances privées comme l’espérait la base progressive de son parti.»

Terrorisme :
«L’attentat manqué de Noël a démontré qu’il y a encore beau­coup à faire pour améliorer les réseaux de renseignement.»

Politique intérieure : «En priorisant la réforme du système de santé, le gouvernement a mis de côté certaines autres pdossiers importants de la politique intérieure. Bien que l’économie ait arrêté de se détériorer, l’administration Obama n’a pas été assez énergique dans la création d’emplois et n’a pas assez combattu la culture de Wall Street au moment requis.»

Harvey G. Cohen, Conférencier au Centre de recherche sur les industries culturelle, médiatique et créative au Collège King de Londres

Politique étrangère : «Obama a restauré et même élevé l’image que projetaient les États-Unis dans le monde, mais il perd des points avec sa nouvelle stratégie en Afgha­nistan. Si les États-Unis n’ont pas été capables de vaincre une insurrection au Vietnam avec plus de 500 000 soldats, comment peuvent-ils imaginer pouvoir le faire avec moins de soldats dans un pays accidenté et deux fois plus grand?»

Guantanamo : «Il est vrai qu’Obama avait promis que Guantanamo serait déjà fermée, mais il n’a jamais reçu l’aide internationale escomptée. Il a tout de même réduit le nombre de détenus, et Washington est en train de planifier des procès pour ceux accusés de terrorisme.»

James McAllister, Professeur de sciences politiques au Collège Williams, au Massachusetts
Politique intérieure :

«Même si les indicateurs économiques ne sont pas encore tout à fait sortis du rouge, la confiance des Américains envers l’avenir s’est accrue depuis un an.»

Politique étrangère :
«L’image des États-Unis a été redorée et c’était l’une des priorités d’Obama.»

Réforme de la santé :
«Un grand accomplissement, mais ses impacts réels restent inconnus.»

Guantanamo : «Cet objectif était louable, mais Obama aurait dû reconnaître qu’il n’était pas réalisable en seulement un an.»

Clyde Wilcox, Professeur en études gouver-nementales à l’Université de Georgetown, à Washington, DC
Réforme de la santé :
«Les efforts d’Obama sont freinés par le système politique actuel. Il est difficile d’obtenir quoi que ce soit avec rapidité lorsqu’on fait face à un Congrès aussi obstiné.»

Politique étrangère :
«Mon sentiment est que l’Afghanistan sera une terrible erreur à long terme.»

Politique intérieure :
«La politi­que intérieure causera la perte de l’administration Obama si l’économie ne se rétablit pas. La crise économique n’est pas de sa faute, et peut-être que personne n’aurait été capable de la résoudre rapidement, mais je crois que l’incapacité de mettre en place une plus grande structure régulatrice est terrible.»

Guantanamo : «Ce dossier est une réelle déception.  Lorsque Obama a observé des cas concrets, l’administration a décidé que certains détenus ne pouvaient être jugés en cour, principalement parce qu’ils avaient été torturés. »

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