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La gauche c'est le PQ de Bernard Landry

Le très érudit Bernard Landry aimait bien répéter que la gauche c’est le PQ. À gauche peut-être, ce qui n’a toutefois pas empêché le PQ d’avoir des conseillers qui provenaient de l’Institut économique de Montréal; un fief la grosse droite, soit le député conservateur Maxime «Jo Louis» Bernier et le vice-président du Conseil du patronat, Daniel Audet, en plus d’avoir courtisé Dominique Vachon, du temps qu’elle était économiste à la Banque Nationale, aujourd’hui rendue à l’Institut économique. Aux dernières élections, le PQ a aussi vainement tenté de débaucher plusieurs députés adéquistes reconnus pour être très à gauche eux aussi! Le «camarade» Landry voulait privatiser Hydro-Québec, la SAQ et la santé et préconisait qu’un Québec souverain adopte le dollar américain. Drôle de gauche! Les Lucien Bouchard, Chevrette, Brassard, Facal, Garon et Léonard sont la preuve vivante que le PQ est à gauche, beaucoup même! Si je critique le Parti québécois qui se prétend à gauche, ça veut donc dire que je suis à droite.

Fouillant dans mes vieux journaux, je tombe sur le titre de cet article : «Faire payer les riches : Bernard Landry n’y croit pas.» Très édifiant! Obama, lui, y croit, et les milliardaires américains Gates, Rockfeller, Buffett, Turner et Soros ainsi que l’association américaine des économistes sont pour que les nantis paient plus de taxes et d’impôts. Même que le deuxième homme le plus riche du monde, Warren Buffett, trouve déplorable que sa secrétaire ait un taux d’impôt sur le revenu effectif inférieur au sien. Dans son évangile, M. Landry a dit : «Où sont-ils les fameux riches? Ceux qui gagnent plus de 100 000 $ sont 54 000, c’est 1 % des contribuables. Ils gagnent 9 % de tous les revenus et paient 12 % de tous les impôts. Faut mettre à mort l’animal mythique du « faire payer les riches ».» Encore une fois, il délire. M. Landry, l’impôt porte bien son nom, il est fondé sur le revenu et non sur le nombre. Donnez-nous le véritable revenu économique de ces riches affligés, et non leur revenu fiscal qui omet plusieurs revenus non taxés (dont 50 % des gains de capitaux, les paradis fiscaux, les bénéfices réalisés mais non encaissés et plusieurs autres), et je vous dirai alors, monsieur, s’ils sont vraiment surtaxés. Oui, monsieur, comme ailleurs et aux States, il y a peu de riches mais ils sont de plus en plus immensément riches. Même Statistique Canada et l’OCDE le soulignent. Ça s’appelle la concentration de la richesse. C’est encore faux de prétendre qu’ils paient 12 % de «tous» les impôts. M. Landry omet les taxes à la consommation, les taxes municipales et la tarification des services publics qui sont de plus en plus nombreux et qui constituent des impôts régressifs. Ce qui est le plus équitable en fiscalité, c’est de taxer le revenu en ayant recours à plusieurs paliers plutôt que la consommation et les services publics.

Dans un autre article titré  Â«Imposer l’aide sociale : une mesure «équitable selon Landry», Bernard ergote en disant : «Soumettre les revenus de l’aide sociale à l’impôt comme tout autre revenu, c’est tout à fait normal et équitable.» N’importe quoi! M. Landry, plusieurs revenus réservés strictement aux riches ne sont pas imposables comme la moitié des gains de capitaux et des salaires versés aux dirigeants en options d’achats d’actions, les fiducies, les REER à 22 000 $, le CELI à 5 000 $, les successions (imposables aux États-Unis), les REEE, le REA, les fondations, les sociétés en commandite, les dons déguisés, etc. Et les milliards de revenus détournés dans les paradis fiscaux et non déclarés à l’impôt, qu’en faites-vous? Pour taxer tous les revenus économiques, incluant ceux des Crésus qui sont détaxés, ça prend hélas du courage. M. Landry a aussi comparé les investissements en santé à des dépenses d’épicerie qui «ne rapportent pas»! Tout un économiste!

Enfin, dans un autre article intitulé «Les prêteurs», il mentionne que «ce sont les agences de notation (Moody’s et Standard and Poors) et les prêteurs qui dictent au gouvernement sa politique fiscale et budgétaire.» Ayoye! Après toutes magouilles qu’elles ont faites durant la crise financière, on ferait bien mieux de s’abstenir de leurs conseils à moins de faire comme la Grèce et plusieurs compagnies et leur verser des centaines de millions de dollars pour avoir une bonne cote.

M. Landry, si c’est vrai que ce que vous dites, pourquoi alors la souveraineté et pourquoi avoir un gouvernement? Et Lucien Bouchard, pas mieux que son successeur : «Le coût des programmes sociaux : Bouchard veut aligner le Québec sur l’Ontario et les États-Unis», a-t-on pu lire dans un journal. Les States qui n’ont justement pas de programmes sociaux et l’Ontario du temps de Mike Harris. Moi je dis que si le PQ est à gauche, les conservateurs sont communistes. M. Landry, comme le chantait Johny Farago : «J’ai ta photo dans ma chambre… elle me redonne confiance.»

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