Faites le ménage chez vous!
Depuis le début de cette histoire d’école passerelles, j’entends des aberrations. La dernière en liste? «Merci de me permettre d’assurer un futur à mes enfants qui auront enfin la chance d’avoir une bonne éducation en anglais.»
J’ai un message pour vous, parents : vos enfants manquent drôlement de volonté! J’ai 21 ans et je sors du système des écoles publiques où, si on le veut bien, l’anglais est on ne peut plus accessible.
Aux mamans qui pensent que leurs enfants de cinq ans vont continuer à parler un français impeccable en allant à l’école anglaise je dis : vous rêvez en couleur! J’ai été à l’école en français toute ma vie au Québec, sauf à l’université où j’ai fait le choix d’étudier en anglais. Et bien, je perds mon français!
Oui, je vis dans un milieu francophone, dans une famille francophone, mais mes amis sont maintenant en majorité anglophones. Je n’écris presque plus ma langue et je cherche constamment les bons mots pour remplir mes phrases gorgées d’anglicismes. J’oublie mes règles de grammaire les plus élémentaires et je dépends d’Antidote et d’un traducteur en ligne pour me corriger.
Certes je parle encore français, mais j’espère honnêtement que le futur de la langue française au Québec ne repose pas sur la qualité de mon français écrit! Moi qui donnais des cours de français au Cégep!
Non, vos enfants de l’école anglaise n’auront pas un français impeccable, ils essaieront même fort probablement de vous parler en anglais puisque ça deviendra tout à fait naturel pour eux de le faire.
– Geneviève Trudeau Senécal Université de Concordia