La Merveille masquée du mois de juin

Toujours premiers à ridiculiser les politiciens véreux, les artistes un peu niais et les phénomènes de foire de l’internet, nous aimons aussi montrer que l’actualité regorge de gens remarquables. Chaque mois, nous mettons en exergue les exploits d’une personnalité ou d’un groupe qui mérite le titre de Merveille Masquée.

Ce mois-ci, Jacques Duchesneau, l’ex-directeur du Service de police de la communauté urbaine de Montréal, mérite selon nous ce titre amical et sincère, qu’on accorde volontiers à quelqu’un qui est souvent habitué aux premières pages, mais peu aux tapes dans le dos.

Si le témoignage accablant de M. Duchesneau à la Commission Charbonneau doit semer la terreur parmi les entrepreneurs mafieux, les politiciens venus et autres pique-assiettes qui font que nos rapports d’impôts sont les plus élevés en Amérique du Nord… Pour les citoyens, il est devenu un genre de symbole d’honnêteté à la sauce bien québécoise!

Oui, dans ce nid de vipères, une mangouste bien portante veille au grain et n’a pas peur d’envoyer paître des ministres libéraux non plus! Avouons-le, en plus d’être exutoire, cela est totalement divertissant, voire hilarant. Quoi de plus drôle que d’imaginer Sam Hamad en Tartuffe : «Cachez ce rapport que je ne saurais voir!»
Vraiment, le Lucky Luke faisant le ménage de notre village a du sang de showman qui coule dans ses veines. Justement, ce sens du spectacle, alors que bien des gens voudraient le faire taire (on a tenté de le faire passer pour malhonnête lui-même il y a quelques mois, il a bien sûr été blanchi!) par tous les moyens, le sert énormément, de même que la population en général. Créer des images mentales d’un système de corruption institutionnalisé n’est pas chose facile; notre homme le fait avec brio!

Un homme qui se tient droit face à l’adversité et qui reste immuable devant les menaces des pourritures qui ont les deux mains sur le volant du bazou québécois de la corruption ne peut qu’être admirable… et admiré!

L’ex-policier-mais-toujours-policier-dans-l’âme devra-t-il s’arrêter à chaque coin de rue pour signer des autographes et des poitrines bronzées, comme une rock star des années 1990, lorsqu’il aura terminé de témoigner à la Commission Charbonneau? Pourquoi pas? Ce serait mérité. Si on accueille en héros les concurrents d’Occupation double éliminés dans les bars et restaurants de notre pays, vous ne pensez pas qu’une petite poignée de main, pour le remercier de son courage, serait la moindre des choses?

Matricule 728, prenez des notes. Ça, c’est un vrai policier.

M. Duchesneau, vous êtes notre Merveille Masquée du mois. Si vous n’existiez pas, il faudrait vous inventer… Pas sûr que les libéraux et les firmes d’ingénieurs nous laisseraient faire.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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