Gianmaria Testa, la voix du peuple
Dans ses chansons comme en personne, Gianmaria Testa, c’est le charme fait homme. Lorsque nous le joignons au téléphone pour discuter un peu, le cantautore italien se montre plein d’esprit. Au sujet de sa voix par exemple, qui, tel le vin, devient encore meilleure avec le temps, il rigole : «Mais je n’ai aucun mérite, voyons! La voix, c’est comme le nez. Certains l’ont un peu plus court, d’autres un peu tordu, d’autres à la grecque… Moi, j’ai soi-disant une belle voix, mais je dois vous avouer que mes épaules sont très moches!»
Ah! Pas étonnant qu’entre Gianmaria et les Québécois, la relation d’amour en soit une qui dure. «J’ai toujours gardé de très beaux souvenirs de mes tournées chez vous, confie-t-il. Il était donc temps que j’y revienne.»
Et il revient enfin, dans le cadre du Jazz, avec un émouvant nouvel opus, Vitamia, dans lequel il retrace ses 50 années de vie. «Désormais, c’est presque 54, chuchote-t-il. Mais ne le répétez pas!»
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Sur ce disque, Testa aborde le thème de l’amour, bien sûr, mais aussi de son enfance et de diverses problématiques sociales qui lui tiennent à cœur et le bouleversent, telle la crise qui secoue l’Europe. «Ces sujets un peu compliqués m’ont poussé à faire appel à des sons électriques et plus durs sur cet album», observe-t-il. Comme dans la pièce Cordiali Saluti (salutations cordiales), meublée d’une grosse distorsion. «Cette chanson, c’est en fait une lettre de licenciement. Je n’avais aucune envie d’adoucir un propos aussi grave.»
C’est inspiré par un ami qui lui avait conseillé de compter la vie en jours plutôt qu’en années que Gianmaria a composé Vitamia. «Il m’a demandé combien de jours vivrait un homme ou une femme qui arriverait à traverser un siècle. J’ai répondu : “Bah quelques millions de jours, non?” Mais non! Un homme qui traverse un siècle va vivre 36 500 jours et quelques-uns de plus pour les années bissextiles. Ce n’est pas beaucoup, finalement… Donc, il faut en profiter!»
Papa de 3 enfants, dont un garçon de 6 ans qui lui fait un peu «revivre sa propre enfance», le guitariste et chanteur ne cesse de s’insurger contre les injustices sociales qui règnent en ce bas monde. «Ce sont toujours les plus faibles qui payent», se désole-t-il. Il nous laisse toutefois sur une pensée positive pleine de poésie. «Il y a cette phrase que j’aime beaucoup et qui dit : il faudrait que les adultes vivent leur vie avec le même sérieux que les enfants, lorsqu’ils sont en train de jouer… C’est beau, non?»
Gianmaria Testa
Au Théâtre Maisonneuve
Mercredi à 21 h 30