Un scandale éclabousse le PM japonais Shinzo Abe
TOKYO — Le ministère japonais des Finances a admis lundi avoir falsifié des documents dans le cadre d’un scandale qui éclabousse la femme du premier ministre japonais Shinzo Abe et plombe la popularité de son gouvernement.
Les documents falsifiés concernent la vente en 2016 d’un terrain d’Osaka, à une fraction de sa valeur, au groupe éducatif Moritomo Gakuen, dont Mme Abe appuie la politique ultranationaliste en matière d’éducation.
Une enquête du ministère a déterminé qu’Akie Abe a communiqué avec plusieurs parlementaires conservateurs concernant cette transaction, mais on ne sait pas s’ils ont enfreint la loi.
Le ministre des Finances Taro Aso a dit que 14 documents ont été falsifiés entre février et avril 2017 pour correspondre aux explications fournies au parlement par le responsable de la transaction, Nobuhisa Sagawa. M. Sagawa a plus tard été promu à la tête de l’agence fiscale du pays, et plusieurs y ont vu une récompense pour avoir fait obstruction aux questions des élus.
M. Sagawa a démissionné vendredi dernier et un autre responsable associé à ce scandale se serait suicidé.
Le ministre Aso a refusé de dire qui a ordonné la falsification des documents, dont on a notamment retiré la mention que Mme Abe recommandait la transaction.
Le patron de Moritomo avait acheté le terrain pour y construire une école dont Mme Abe a temporairement été nommée directrice honorifique.
On a aussi éliminé des documents une phrase qui affirmait qu’il s’agissait d’une transaction «exceptionnelle» et le nom de plusieurs élus influents qui ont été éclaboussés par l’affaire, mais qui nient toute implication.
Deux sondages publiés lundi témoignent d’un déclin aux appuis du gouvernement de M. Abe, qui a été réélu avec une forte majorité l’été dernier.