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Arcade Fire – Miroir noir : L'art au-delà des clichés

Arcade Fire n’a jamais aimé la tradition. Le film Miroir noir, qui relate l’enregistrement de Neon Bible et la tournée qui a suivi la sortie de l’album, ne fait pas exception à cette règle.

Film d’art plutôt que documentaire rock, Miroir noir, dont le DVD sera sur les tablettes mardi, n’entraîne pas le spectateur dans une cascade d’entrevues entrecoupée d’extraits musicaux. L’univers du groupe y est plus esquissé qu’analysé.

«Je ne suis pas très fan des documentaires rock traditionnels, a confié en entrevue à Métro le réalisateur Vincent Morisset. Avec Miroir noir, je voulais développer un projet qui ressemblait au groupe.»

Très centré sur la musique, Miroir noir s’articule autour d’images tournées par le directeur photo Vincent Moon et par Vincent Morisset pendant la tournée Neon Bible. Des scènes captées par le groupe pendant l’enregistrement de l’album, paru en 2007, s’ajoutent au montage et viennent quelque peu dissiper l’aura de mystère qui plane autour d’Arcade Fire.

«J’ai essayé d’intégrer au montage des moments plus légers où les membres du groupe s’amusent pour démystifier l’image austère qu’ils peuvent avoir, a indiqué le réalisateur. Peu de gens le savent, mais en dehors de la scène, ce sont des farceurs et ils aiment déconner.»

Bêtes de scène

Même si le film flirte avec l’impressionnisme, Vincent Morisset est confiant que Miroir noir ne plaira pas qu’aux initiés.

«C’est une porte d’entrée intéressante pour les non-initiés, a souligné celui qui a réalisé le dernier clip de Malajube, Porté disparu. On en apprend beaucoup sur la façon de travailler du groupe et sur l’énergie que [ses membres] dégagent quand ils sont en spectacle.»

Il faut dire qu’Arcade Fire ne fait pas dans la demi-mesure. Les tambours et les cymbales ne sont pas effleurés, mais frénétiquement martelés. Les guitares ne sont pas que chatouillées, leurs cordes sont énergiquement pincées. Et si les micros ne suffisent pas, les porte-voix ne sont jamais très loin.

L’énergie dégagée par la formation pendant ses prestations est contagieuse, et la passion avec laquelle ses admirateurs ont choisi de plonger dans l’univers du collectif l’est tout autant.

Morisset a d’ailleurs choisi d’utiliser pour seule trame narrative les messages laissés par les fans sur une boîte vocale mise à leur disposition pendant la création de Neon Bible. «Ça illustrait bien la relation qu’a le public avec le groupe, a noté le cinéaste. Les gens parlaient sans censure. Ça rappelait presque un confessionnal.»

C’est loin des projecteurs et de la lentille des caméras qu’Arcade Fire prépare son troisième album. Après avoir archivé la tournée Funeral et réalisé Miroir noir, Vincent Morisset devrait retrouver sa place dans l’entourage du groupe. D’ici là, un autre documentaire, portant cette fois sur le groupe islandais Sigur Rós, occupera une partie de son temps.

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